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Comprendre les violences xénophobes en Afrique du Sud

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19.05.2026

L’Afrique du Sud connaît depuis 2008 des vagues récurrentes de violences xénophobes visant des migrants, dans un contexte de pauvreté, de chômage massif et de défiance envers l’État. Des mouvements nationalistes relayés par les réseaux sociaux accusent les étrangers d’être responsables de la criminalité et de la dégradation des services publics, avec le soutien implicite ou explicite de nombreux acteurs politiques.

En 1974, Hugh Masekela, célèbre jazzman sud-africain, enregistre ce qui est devenu sa chanson la plus populaire, véritable hymne de la lutte contre l’apartheid : Stimela (coal train). Il y raconte la souffrance des travailleurs recrutés de force par le régime de Pretoria :

« There is a train that comes from Namibia and Malawi, there is a train that comes from Zambia and Zimbabwe, there is a train that comes from Angola and Mozambique, from Lesotho, from Botswana, from Zwaziland, from all the hinterland of Southern and Central Africa. This train carries young and old, African men who are conscripted to come and work on contract in the golden mineral mines of Johannesburg… »

« There is a train that comes from Namibia and Malawi, there is a train that comes from Zambia and Zimbabwe, there is a train that comes from Angola and Mozambique, from Lesotho, from Botswana, from Zwaziland, from all the hinterland of Southern and Central Africa. This train carries young and old, African men who are conscripted to come and work on contract in the golden mineral mines of Johannesburg… »

(« Il y a un train qui vient de Namibie et du Malawi, il y a un train qui vient de Zambie et du Zimbabwe, il y a un train qui vient d’Angola et du Mozambique, du Lesotho, du Botswana, du Swaziland, de tout l’arrière-pays de l’Afrique australe et centrale. Ce train transporte jeunes et vieux, des hommes africains enrôlés de force pour venir travailler sous contrat dans les mines d’or de Johannesburg… »)

Cet hommage aux opprimés en est aussi un aux migrants déracinés par le système raciste, et rappelle à quel point les migrations sont consubstantielles à l’histoire de l’Afrique du Sud.

Comment en est-on alors arrivé à ce que, en avril 2026, les rues des métropoles sud-africaines soient envahies par des foules appelant à l’expulsion des étrangers, pointant du doigt d’autres Africains noirs comme étant la cause de tous leurs maux ? Comment le pays dont la Constitution de 1996, modèle d’inclusion, protégeait les droits de tous les réfugiés, est-il devenu le théâtre des violences xénophobes récurrentes ?

2008-2019, des vagues successives de violences xénophobes

En mai 2008, une vague de violences inédites (plus de 50 morts et de 60 000 déplacés) est venue ternir l’image de la « nation arc-en-ciel » : les scènes d’agression contre les étrangers, poursuivis jusque dans leurs maisons, parfois brûlés vifs, ont envahi les médias du monde entier et conduit à une intervention de........

© The Conversation