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Après le départ des Émirats arabes unis, assiste‑t‑on à la fin de l’Opep ? Et faudra‑t‑il la regretter ?

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En annonçant qu’ils quittaient l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, Opep, les Émirats arabes unis ont-ils porté le coup de grâce à cette structure née en septembre 1960 ? Ou n’ont-ils fait qu’entériner un changement de cadre géopolitique, rendant ce cartel moins efficient que par le passé ? Cette décision intervient dans un contexte où le marché pétrolier est ébranlé par les attaques des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, et où la circulation par le détroit d’Ormuz reste incertaine…

Le 28 avril 2026, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec effet dès le 1er mai. Ce départ est le plus lourd de conséquences depuis la création du cartel en 1960. Cette décision invite aussi à creuser une problématique qui monte en intensité depuis une décennie : l’Opep est-elle encore viable comme instrument de régulation collective du marché pétrolier mondial ?

Membres de l’Opep depuis 1967, les Émirats ont longtemps compté parmi les piliers de l’organisation. En annonçant leur retrait, les autorités émiriennes ont invoqué une vision de long terme et l’évolution de leur profil énergétique.

Le résultat d’années de friction

Derrière cette justification se lit cependant une frustration ancienne, nourrie par des années de frictions sur la marge de manœuvre laissée à Abou Dhabi dans sa politique pétrolière. Cette tension tient au décalage entre les capacités de production des EAU et les contraintes imposées par le cartel. Les Émirats ont massivement investi dans l’amont afin de porter leur capacité de production de 4 à 5 millions de barils par jour d’ici à 2027. Or, l’Opep a continué à privilégier les coupes, limitant la capacité du pays à valoriser pleinement ces investissements. Du point de vue émirien, la sortie de l’Opep vise donc à réaligne donc les intérêts économiques nationaux en redonnant au pays la liberté de mobiliser pleinement ses capacités.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée au début de 2026, a servi de détonateur à une rupture que la logique économique préparait depuis longtemps. Les EAU nourrissaient déjà un ressentiment envers leurs partenaires régionaux, jugés trop passifs au moment où Abou Dhabi supportait l’essentiel du choc provoqué par les attaques iraniennes et pro-iraniennes, dans le prolongement d’épisodes intervenus dès 2022. Cette séquence a mis en lumière l’écart entre les discours de solidarité et la faiblesse du soutien apporté par les États arabes et du Golfe.

Les fondements du cartel

Pour mesurer la portée du départ des EAU, il faut revenir aux fondements économiques du cartel. L’Opep vise à maximiser la rente collective en régulant l’offre mondiale, afin de maintenir les prix à un niveau supérieur à celui qui résulterait d’une concurrence non coordonnée. Deux conditions sont nécessaires à cet objectif :

des capacités de production excédentaires mobilisables, les spare capacities,

des capacités de production excédentaires mobilisables, les spare capacities,

et l’acceptation, par les membres, de sacrifices de court terme au profit de recettes plus prévisibles à moyen terme.

et l’acceptation, par les membres, de sacrifices de court terme au profit de recettes........

© The Conversation