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États‑Unis : les raisons pour lesquelles les travailleurs votent moins qu’avant pour le parti démocrate

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Voilà plusieurs années que les démocrates états-uniens cherchent la formule magique pour reconquérir les travailleurs, électorat qui leur semblait longtemps acquis. Pour cela, ils insistent sur les questions économiques. Mais les enquêtes montrent que, entre les travailleurs et le parti, le fossé n’a cessé de se creuser depuis un demi-siècle sur des questions comme le rapport à l’équité et à l’effort individuel, sur les valeurs sociétales ou encore sur la confiance dans les institutions.

Depuis l’élection présidentielle de 2016 – année où Donald Trump a brisé le « mur bleu » des démocrates en remportant de nombreux suffrages de la classe ouvrière dans plusieurs États du Midwest –, la gauche cherche désespérément à répondre à cette question : comment regagner le soutien de la classe des travailleurs (working class) ?

Les réponses apportées prennent différentes formes. Le chevronné sénateur du Vermont Bernie Sanders fait campagne dans les circonscriptions républicaines, dénonçant l’oligarchie et la cupidité des entreprises. Son homologue du Connecticut Chris Murphy martèle que « les démocrates doivent se réapproprier leur identité de parti de la classe des travailleurs ». On a également assisté à l’émergence d’une nouvelle génération de candidats : Alexandria Ocasio-Cortez a été serveuse dans un bar, Marie Gluesenkamp Perez a travaillé en tant que mécanicienne, Graham Platner est un vétéran de l’armée arborant de nombreux tatouages… Leurs parcours de vie sont brandis en étendard pour reconquérir un électorat que le parti a longtemps cru acquis.

Graham Platner, candidat au Sénat du Maine qui apparaît comme le dernier sauveur des démocrates issu des cols bleus, a exprimé cette théorie sans détour : « Nous sommes dans une forme de guerre des classes », affirme-t-il.

« Et si le parti démocrate veut avoir un avenir auprès des travailleurs, il doit se ranger du côté des travailleurs. »

« Et si le parti démocrate veut avoir un avenir auprès des travailleurs, il doit se ranger du côté des travailleurs. »

Mais qui est un « travailleur », selon lui ? Réponse :

« Essentiellement toute personne qui ne tire pas l’intégralité de ses revenus d’une immense fortune. »

« Essentiellement toute personne qui ne tire pas l’intégralité de ses revenus d’une immense fortune. »

La théorie est toujours la même : il existe quelque part une majorité latente de travailleurs, unie par des revendications économiques communes, qui attend d’être politiquement mobilisée pour voter en faveur des démocrates. Franklin D. Roosevelt y est parvenu avec son New Deal : ses lointains successeurs peuvent donc y parvenir à nouveau.

Je suis politologue et j’ai beaucoup travaillé sur les communautés rurales et ouvrières des États-Unis. À mon sens, l’une des questions essentielles est de savoir si ces démocrates réformistes sont réellement déterminés à comprendre les électeurs appartenant à ces catégories. Car ces derniers, comme ils le disent eux-mêmes, n’attendent pas simplement d’être mobilisés par le bon programme, le bon messager, la bonne formule. Les inviter à « combattre l’oligarchie » ne suffira probablement pas.

Les électeurs de cette classe sociale ont une vision du monde. Depuis cinquante ans, celle-ci s’est........

© The Conversation