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Comment peut‑on faire de la science avec et pour la société ? Ce que révèle une enquête au cœur des collectifs

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23.06.2026

Associer scientifiques et citoyens pour produire des connaissances : l’idée séduit, voire enthousiasme. Mais comment ces collectifs fonctionnent-ils réellement ? Une enquête, menée en Occitanie, lève le voile.

Les recherches menées avec la société sont-elles l’affaire de tous ? Que disent réellement les faits ? Notre enquête, portant sur des projets de recherche menés avec des structures diverses – principalement des associations, des entreprises et des collectivités –, montre que les femmes scientifiques y sont très majoritairement engagées. Les collectifs observés sont en outre largement construits à partir de liens interpersonnels préexistants. Si une part importante du travail de recherche est souvent menée en commun, tous ces acteurs ne prennent pas en charge les mêmes tâches. L’enquête révèle en effet que, bien que les orientations soient souvent discutées collectivement, l’analyse des données recueillies demeure par exemple largement assurée par les scientifiques. Pourtant, ces formes de production de connaissance sont diverses et il serait probablement vain de tenter de les enfermer dans un cadre unique.

Alors, pourquoi et comment s’organise un tel partage ? Pour répondre à cette question, nous avons étudié la façon dont ces collectifs fonctionnent, et dans quelles conditions.

Faire de la science « avec et pour » la société : de quoi parle-t-on ?

Les sciences et les recherches participatives remontent bien au-delà de l’époque contemporaine, et correspondent à l’engagement d’acteurs non scientifiques de métier dans la production de connaissances. Au Japon, par exemple, les dates de floraison des cerisiers – sakura – sont consignées depuis plus de mille ans par des habitants et des érudits. Aujourd’hui, ces démarches prennent des formes variées, allant de la collecte citoyenne de données à la participation à d’autres étapes de la recherche.

Par exemple, Vigie-Nature mobilise des volontaires pour suivre la biodiversité à l’échelle internationale ; Galaxy Zoo permet à des internautes de classer des galaxies à partir d’images astronomiques ; en France, le projet La Grande Synchr’EAU mobilise également des citoyens pour mesurer simultanément la qualité de l’eau et produire des données scientifiques à grande échelle.

Nous sommes confrontés à une grande diversité de pratiques, allant du simple recueil de données jusqu’à la définition conjointe des questions de recherche, des méthodes, de l’analyse des résultats et de leur valorisation. Elles interrogent le partage qui a pu être établi entre « sachant » et « non sachant », « théoriciens » et « praticiens », dans la période contemporaine, qui a vu fortement se développer l’activité scientifique sous la forme de disciplines très diverses et de plus en plus spécialisées.

Ouvrir la « boîte noire » des collectifs producteurs de connaissances

Notre enquête, conduite à Toulouse, repose sur l’analyse de 21 réponses recueillies par questionnaire auprès des 53 (co)porteurs et référents de 29 projets de........

© The Conversation