Faut‑il se fier aux accréditations et aux classements pour évaluer la qualité d’un établissement ?
Avant de s’inscrire dans un établissement, les étudiants sont à l’affût d’indicateurs de qualité. Mais les labels, les accréditations ou les classements peuvent-ils renseigner sur les atouts pédagogiques d’un cursus ? Et en mesurant la conformité à des procédures, que disent-ils des performances réelles d’une école ou d’une université ?
Chaque année, des milliers de futurs étudiants scrutent les sites des grandes écoles et des universités à la recherche d’un sésame : le bon label, la bonne accréditation, la bonne place dans un classement. AACSB, EQUIS, classement de Shanghai, Times Higher Education – autant de sigles qui promettent l’excellence. Mais que mesurent-ils réellement ?
La réponse est moins rassurante qu’il n’y paraît. L’accréditation, c’est la reconnaissance officielle qu’un établissement respecte un ensemble de normes et de procédures définies par avance. La labellisation, c’est l’attestation de conformité à des critères de qualité dans des domaines précis (internationalisation, insertion professionnelle, innovation…).
Ces dispositifs évaluent donc avant tout le respect de règles, non la performance effective de l’établissement. Un glissement qui n’est pas anodin.
Le « paradoxe de la conformité »
Conforme et performant : ces deux qualificatifs ne sont pas synonymes. Un établissement peut afficher des résultats médiocres tout en respectant à la lettre toutes les procédures d’une accréditation ou d’un label – par exemple, à l’université, le label « HR Excellence in Research » (HSR4R) de la Commission européenne qui valorise les établissements signataires de la « Charte européenne des chercheurs » et du « Code de conduite de recrutement des chercheurs », ou encore le Label Développement durable et responsabilité sociale DD&RS, lancé en 2015 par un collectif coordonné par France Universités et la Conférence des grandes écoles.
À l’inverse,........
