La sonobiopsie ou comment les ultrasons font parler les tissus sans les opérer
L’ESSENTIEL La biopsie est indispensable pour poser certains diagnostics, par exemple en oncologie. Mais cet acte ne peut être pratiqué pour certaines lésions, notamment cérébrales. Une alternative non invasive existe désormais, la biopsie liquide, qui permet de repérer des marqueurs de la maladie circulant dans le sang. La recherche explore désormais la sonobiopsie, qui combine la biopsie liquide avec des ultrasons favorisant la libération de biomarqueurs. Un procédé à l'étude dans différentes pathologies (cancers, maladie d’Alzheimer, greffes, etc.).
Et si une simple prise de sang, aidée par des ultrasons focalisés, permettait d’obtenir des informations aussi précieuses qu’une biopsie chirurgicale ?
Depuis des décennies, la biopsie est un acte incontournable du diagnostic médical. Le prélèvement d’un fragment de tissu permet d’identifier une maladie, d’en comprendre les mécanismes pathophysiologiques, de suivre son évolution et d’orienter les traitements. Mais cette approche, aussi indispensable soit-elle, reste invasive, souvent douloureuse, parfois risquée, et difficilement répétable.
Aujourd’hui, une modalité émergente – la sonobiopsie – propose une autre option : utiliser des ultrasons focalisés pour libérer localement des biomarqueurs détectables dans le sang, sans avoir à prélever de tissu.
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Une innovation à la croisée de l’ingénierie biomédicale, de la biologie moléculaire et de la médecine de précision.
Les limites des biopsies
La biopsie consiste à prélever un fragment de tissu à l’aide d’une aiguille ou lors d’une intervention chirurgicale. Elle reste indispensable pour confirmer de nombreux diagnostics, en particulier en oncologie. Pourtant, ses limites sont bien connues des médecins comme des patients.
D’abord, c’est un acte invasif. Il peut être douloureux, nécessiter une anesthésie locale ou générale, et comporte plusieurs risques : infection, saignement, lésions de tissus sains.
Ensuite, il n’est pas toujours réalisable. Certaines lésions sont difficiles d’accès, en particulier dans le cerveau ou à proximité de structures vitales, comme les vaisseaux sanguins où le risque d’hémorragie peut être important.
Enfin, une biopsie ne donne qu’une information ponctuelle et locale d’un échantillon minuscule d’un organe souvent hétérogène, à un moment donné.
Or, de nombreuses maladies – comme les cancers – évoluent dans le temps et présentent une grande diversité moléculaire selon les différentes........
