Jusqu’où Trump ira‑t‑il ?
Sur le dossier de la guerre en Iran, Donald Trump développe un propos performatif, empreint de wishful thinking et souvent éloigné de la réalité du terrain, qu’il s’agisse de justifier le lancement de l’opération Epic Fury ou d’informer l’opinion publique de son avancement et de sa finalité. Échappant aux obligations constitutionnelles, négligeant les contre-pouvoirs, il semble engagé dans une course en avant solitaire dont l’issue paraît particulièrement nébuleuse.
Le 1er avril 2026, dans son adresse à la nation, Donald Trump ne parle pas seulement à ses concitoyens. Il tente d’imposer sa lecture du monde à l’ensemble des pays de la communauté internationale. Dans un contexte de guerre interminable contre l’Iran, de tensions énergétiques croissantes et de fragilisation politique intérieure, son discours apparaît comme un acte de cadrage plus que comme un exposé de situation. Il ne décrit pas la réalité ; il la reconfigure autour d’un récit d’après lequel, au Moyen-Orient, son armée contrôle la situation, a déjà accompli des progrès fulgurants et a pratiquement remporté une victoire définitive et éclatante.
Cette opération discursive repose sur un mécanisme central, à savoir la minimisation systématique des contraintes et des risques auxquels l’opération Epic Fury est confrontée. Mais au-delà de ce cadrage, se dessine une évolution plus profonde : celle d’un exercice du pouvoir marqué par une forme de toute-puissance, où les contre-pouvoirs institutionnels apparaissent marginalisés.
Déni des difficultés économiques et affirmation d’une urgence absolue
Le premier aspect de ce déni concerne la dimension économique du conflit. Alors que les prix du pétrole augmentent de manière continue et que se profile la possibilité d’un troisième choc pétrolier, le président réduit ces évolutions à un simple phénomène transitoire, affirmant que les prix vont rapidement redescendre et qu’il n’y a pas lieu de........
