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Recruter son remplaçant : réflexe naturel ou erreur stratégique ?

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Qui mieux que le sortant pour recruter son successeur ? Qui, mieux que lui, connaît le poste et ses attendus ? Gare pourtant aux fausses bonnes idées car de nombreux biais peuvent conduire à des recrutements imparfaits.

Le départ d’un collaborateur entraîne une perte de savoirs explicites et tacites, une rupture dans les routines de travail et un affaiblissement des réseaux relationnels, tant internes qu’externes. Bien souvent, il s’agit également de la disparition d’un repère collectif : un collègue reconnu pour son expertise, porteur d’une mémoire organisationnelle construite au fil du temps. Cette discontinuité impose nécessairement une réorganisation du travail, qu’il s’agisse d’un remplacement poste pour poste ou d’une redistribution des missions au sein des équipes existantes.

Dès lors, l’idée d’associer le collaborateur sortant au choix de son successeur peut sembler pertinente. En tant que détenteur d’une connaissance fine du poste et de ses contraintes, il apparaît, à première vue, comme un acteur légitime du processus de succession. Cette légitimité ne saurait toutefois se traduire par un pouvoir décisionnel autonome : elle suppose un cadrage méthodologique, généralement porté par les ressources humaines, afin d’objectiver les critères de sélection et de limiter les effets de reproduction.

Lorsqu’un collaborateur quitte son poste, il peut manifester le souhait de contribuer au choix de son successeur, ce qui apparaît légitime. En tant qu’acteur directement impliqué, il détient une connaissance fine des exigences du métier, des interactions construites au fil du temps et des dimensions informelles du poste, souvent invisibles pour un nouvel arrivant.

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Cette implication suppose toutefois un équilibre subtil. Il s’agit de transmettre sans chercher à modeler, d’accompagner sans contraindre. Une transmission authentique repose sur la capacité de partager son expérience avec sincérité, sans tenter de reproduire son propre profil. Elle implique de rendre compte aussi bien des réussites que des difficultés rencontrées, d’identifier les fragilités du rôle, les contraintes opérationnelles et les zones d’incertitude. Dans cette perspective,........

© The Conversation