Comment la crise à la frontière de Ceuta a immédiatement servi les intérêts de l'extrême droite espagnole
Les images de Ceuta ont imposé un registre plus sécuritaire dans le débat sur l'immigration en Espagne.
Les images de Ceuta ont imposé un registre plus sécuritaire dans le débat sur l'immigration en Espagne.
L'extrême droite s'est appuyée sur ces images pour banaliser son discours sur l'« invasion migratoire ».
L'extrême droite s'est appuyée sur ces images pour banaliser son discours sur l'« invasion migratoire ».
Le gouvernement espagnol se retrouve contraint de défendre son récit d'une Espagne ouverte à l'immigration.
Le gouvernement espagnol se retrouve contraint de défendre son récit d'une Espagne ouverte à l'immigration.
On estime que plus de 50 000 migrants sont entrés dans la petite enclave espagnole de Ceuta en l'espace d'une seule journée, après l'effondrement de fait du contrôle à la frontière. Cette ville autonome est située sur la côte nord du Maroc. Le gouvernement espagnol affirme que la quasi-totalité des migrants sont depuis retournés au Maroc, mais qu'au moins 57 personnes ont trouvé la mort.
Face aux interrogations sur les circonstances et les raisons d'un tel événement, le public n'a eu accès qu'à des images : des personnes nageant jusqu'à la plage du Tarajal, à Ceuta, ou escaladant les digues, des dizaines de milliers d'arrivées en une journée et une nuit, et des dizaines de morts. En l'absence de faits ou d'explications, ce sont d'abord ces images qui s'imposent dans les esprits. Or c'est précisément dans l'imaginaire collectif que se construit le rapport d'un pays à l'immigration.
La crise de Ceuta........
