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États‑Unis et Europe : deux conceptions irréconciliables de la liberté d’expression ?

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13.09.2026

Selon l’administration Trump, l’Europe serait devenue un espace de censure et une « menace civilisationnelle » pour la liberté d’expression.

Selon l’administration Trump, l’Europe serait devenue un espace de censure et une « menace civilisationnelle » pour la liberté d’expression.

Les pressions exercées aux États-Unis sur des journalistes, des universitaires ou des manifestants rendent ce diagnostic quelque peu ironique, voire pure bullshit selon le mot du président Macron.

Les pressions exercées aux États-Unis sur des journalistes, des universitaires ou des manifestants rendent ce diagnostic quelque peu ironique, voire pure bullshit selon le mot du président Macron.

Cependant, cette tension révèle bien deux traditions différentes de la liberté d’expression. Retour sur les conceptions états-unienne et européenne, leurs racines et leurs limites, pour explorer les contours d’une autre voie.

Cependant, cette tension révèle bien deux traditions différentes de la liberté d’expression. Retour sur les conceptions états-unienne et européenne, leurs racines et leurs limites, pour explorer les contours d’une autre voie.

Originellement, le modèle américain s’est établi sur une méfiance envers l’État, puisqu’il a été forgé dans une lutte pour l’indépendance des colonies américaines contre la Grande-Bretagne. Aussi le premier amendement, « le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté d’expression », consacre-t-il une liberté maximale, se prémunissant explicitement contre toute ingérence des pouvoirs publics dans le débat d’idées.

À l’inverse, la tradition française et européenne exprime une méfiance non envers l’État, sédimenté par les siècles, mais envers la foule et ses emballements. L’article 11 de la Déclaration de 1789 garantit la liberté de « parler, écrire et imprimer librement », mais précise aussitôt « sauf à répondre de l’abus de cette liberté ».

Le modèle américain parie sur l’affrontement des discours, le « libre commerce des idées » selon la formule du juge Holmes (Abrams contre USA, 1919). Cette approche est héritière d’une tradition philosophique libérale allant de l’Aeropagitica de John Milton au célèbre De la Liberté de John Stuart Mill.

À l’inverse, la tradition européenne repose sur une liberté instituée, c’est-à-dire permise et garantie par les institutions. Cette tradition puise ses racines dans la philosophie classique aristotélicienne et sa descendance romano-canonique : la liberté de l’homme « animal politique » n’est pas pure spontanéité individuelle........

© The Conversation