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Mères et championnes : la double bataille des sportives de haut niveau

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17.03.2026

La maternité n’a jamais freiné l’ambition des sportives. Certaines ont conquis des titres majeurs alors qu’elles étaient enceintes, d’autres quelques mois seulement après un accouchement. Pourtant des inégalités persistent : pertes de contrats, baisse de revenus… autant de manifestations de la motherhood penalty qui pèse encore sur les carrières féminines dans le sport professionnel.

Dans le sport professionnel de haut niveau, comme dans de nombreux autres secteurs, les femmes sont aujourd’hui encore confrontées à divers obstacles lorsqu’elles décident d’avoir un enfant.

Ces obstacles, qui dépassent les frontières, conduisent certaines sportives de haut niveau à repousser leur projet de maternité après leur retraite sportive ; ce fut le cas, parmi bien d’autres exemples, de la judokate française Frédérique Jossinet médaillée mondiale, européenne et olympique, retraitée à 37 ans et devenue mère à 43 ans.

Or, qui dit report de maternité, dit augmentation du risque de complications lors d’une future grossesse et d’infertilité liée à l’âge. C’est ainsi que Valérie Nicolas, ancienne gardienne de l’équipe de France de handball, championne du monde en 2003, n’a pas pu concrétiser son désir de maternité. Lorsqu’elle a voulu avoir un enfant une fois sa carrière sportive terminée, la voie naturelle, l’insémination artificielle et les nombreuses fécondations in vitro, dont certaines avec des dons d’ovocytes, ont toutes échoué.

Pourtant, il devrait être possible pour les femmes de conjuguer maternité et carrière sportive professionnelle de haut niveau avec suffisamment d’accompagnement médical, organisationnel et psychologique, de soutien financier, et de protection dans l’exercice de leurs droits. Si quelques avancées notables ont été réalisées par différentes parties prenantes, des progrès restent à faire.

Une équation possible avec des cas concrets

La conciliation entre maternité et carrière chez les sportives professionnelles de haut niveau n’est plus un phénomène exceptionnel, que ce soit dans les sports individuels ou dans les sports collectifs. Certaines ont participé à des compétitions alors qu’elles étaient enceintes, avant de mettre momentanément leur carrière entre parenthèses le temps d’une courte pause maternité. D’autres sont revenues de leur congé maternité au bout de plusieurs mois, parfois avec de grandes difficultés, parfois, au contraire, avec un niveau supérieur à celui d’avant leur maternité. Quelles que soient les situations – qui témoignent, par la même, de la singularité de chaque femme et de chaque grossesse –, elles sont nombreuses à avoir démontré qu’il est tout à fait faisable d’allier maternité et sport de haut niveau. Voici quelques cas emblématiques.

La sprinteuse américaine Alysia Montano, spécialiste du 800 mètres et championne des États-Unis plusieurs années consécutives, disputa sa série lors des championnats outre-Atlantique à huit mois de grossesse en 2014 et à   mois de grossesse en 2017.

Sa compatriote Allyson Felix, considérée comme une légende avec ses 7 médailles d’or olympiques et ses 14 médailles mondiales d’or, arracha sa 12e médaille d’or aux championnats du monde en 2019 après une pause maternité de treize mois consécutive à la naissance de sa fille, née prématurément en 2018 par une césarienne pratiquée en urgence.

La Britannique Paula Radcliffe, ancienne recordwoman du marathon, remporta le marathon de New York neuf mois après la naissance de son premier enfant en........

© The Conversation