Des villes plus inclusives grâce à l’IA ? Oui, si les communautés gardent la main
L’intelligence artificielle ouvre de nouvelles possibilités pour documenter et planifier l’inclusivité urbaine. Mais peut‑elle vraiment y contribuer sans écraser ce que vivent les gens derrière des modèles qui transforment nos rues en simples scores sur une carte ?
Une ville se comprend souvent à hauteur de trottoir. Un banc bien placé, un passage piéton lisible, un éclairage rassurant, une rampe d’accès, un coin d’ombre ou un arrêt d’autobus protégé peuvent transformer l’expérience quotidienne d’un lieu. À l’inverse, une bordure trop haute, une rue hostile, un parc mal entretenu ou une place où l’on ne se sent pas bienvenu peuvent exclure, parfois sans bruit. Le problème n’est donc pas de demander à l’IA de juger la ville à la place des citoyens, mais de savoir comment l’utiliser pour rendre visibles des formes d’exclusion que les outils classiques détectent mal.
Les espaces publics comme les rues, parcs, places, marchés, bibliothèques et promenades comptent parmi les infrastructures collectives les plus importantes des villes. D’ailleurs, ils occupent environ le tiers du territoire urbain à l’échelle mondiale. Leur valeur n’est pas seulement esthétique. Bien conçus et bien entretenus, ils soutiennent la vie sociale, l’activité économique, la santé, la mobilité et la capacité des citoyens à se rencontrer.
Mais il ne suffit pas qu’un lieu soit officiellement « ouvert à tous » pour qu’il soit réellement accessible, accueillant et sûr pour chacun. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les nouveaux arrivants, les personnes racisées, les personnes pauvres ou celles qui ne maîtrisent pas les codes implicites d’un quartier peuvent vivre la même rue de façons très différentes, notamment selon l’âge, le genre ou le handicap. Ce qui paraît neutre dans un plan d’aménagement peut devenir, dans la vie réelle, une source d’inconfort, de peur, d’évitement ou d’exclusion.
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C’est là que l’IA peut devenir utile, non comme solution magique, mais comme outil de diagnostic. Ancrée dans les réalités locales et nourrie par l’expérience des communautés, elle peut aider les villes à mieux voir ce que leurs méthodes classiques laissent dans l’ombre, sans remplacer le jugement humain ni la décision démocratique.
Cet article fait partie de notre série Nos........
