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J’ai déjà vu les talibans fermer les écoles aux filles. Les revoir le faire est déchirant

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19.08.2026

En août 2021, les talibans ont repris Kaboul et, en l’espace de quelques semaines, interdit aux filles de fréquenter l’école au-delà de la 6e année. Cette interdiction est toujours en vigueur.

L’Afghanistan demeure le seul pays au monde à interdire officiellement aux filles et aux femmes l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur. Les femmes afghanes se sont aussi vu interdire de travailler dans la plupart des secteurs où elles étaient auparavant présentes, que ce soit dans la fonction publique ou au sein d’organismes d’aide nationaux et internationaux.

Environ 2,2 millions d’adolescentes se sont vu refuser l’accès à l’école secondaire pendant près de 1800 jours. Une analyse de l’UNICEF datant de 2026 prévoit que l’Afghanistan perdra jusqu’à 20 000 enseignantes et 5400 travailleuses de la santé d’ici 2030, alors que ces restrictions coûtent déjà environ 84 millions de dollars américains par année.

Depuis septembre 2025, les forces talibanes interdisent également aux femmes afghanes, y compris au personnel des Nations unies d’accéder aux bureaux de l’ONU. En janvier 2026, les femmes fonctionnaires ont même perdu le salaire réduit qu’elles recevaient depuis 2021 pour rester à la maison.

J’ai déjà vu une version de cette situation se produire, alors que j’étais une jeune fille en 1996, la dernière fois que les talibans ont pris Kaboul.

Ce qui me frappe le plus dans cette seconde interdiction, ce n’est pas qu’elle se soit reproduite. C’est que l’inaction du monde, cette fois, ne tient pas à un manque de sensibilisation. Tout le monde sait ce qui arrive aux filles afghanes. L’échec, c’est que cette prise de conscience n’a eu aucun coût réel pour les talibans.

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Ce que les femmes afghanes ont bâti

Quelques jours après la prise de pouvoir, les femmes afghanes étaient dans les rues de Kaboul scandant « Du pain, du travail, la liberté », une revendication qu’elles n’ont cessé de formuler depuis, au péril de leur vie. Ce cri de ralliement emblématique réclame des droits fondamentaux – l’éducation et l’emploi – face à leur exclusion systématique de la vie publique.

Des groupes de femmes afghanes ont organisé des manifestations tout au long de cette période, malgré des arrestations, des actes de torture et des meurtres exercés en........

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