Du modèle social suédois au modèle migratoire danois : comment le Parti québécois regarde la Scandinavie
Paul St-Pierre Plamondon accorde une place importante à la réduction de l’immigration durant la présente campagne électorale, qu’il associe à la capacité d’accueil du Québec, à la situation du français ainsi qu’à la pression exercée sur le logement et les services publics.
Cet argumentaire s’appuie notamment sur l’expérience du Danemark.
Déjà présent dans le programme sur l’immigration publié par le Parti québécois en 2024, l’exemple danois est aujourd’hui mobilisé par St-Pierre Plamondon pour soutenir qu’une politique migratoire restrictive peut aller de pair avec la défense d’un État social développé.
En tant que chercheur en études culturelles francophones, je m’intéresse particulièrement au discours politique et à la manière dont les références à des « modèles » étrangers sont mobilisées, adaptées et réinterprétées dans les campagnes électorales.
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Cette référence mérite d’être replacée dans une histoire plus longue. Le recours aux pays scandinaves comme points de comparaison ne commence pas avec l’actuel chef du Parti québécois. Il traverse, de manière inégale, l’histoire du parti depuis son fondateur, René Lévesque.
Ce qui est différent maintenant est moins la présence de cette référence que ce que les dirigeants péquistes viennent y chercher. Alors que la Scandinavie permettait d’abord de penser la social-démocratie, la redistribution et la concertation, elle sert aujourd’hui également à réfléchir aux rapports entre immigration, cohésion sociale et pérennité des services publics.
Il faut ici noter que Paul St-Pierre Plamondon connait bien le Danemark et en parle la langue : en 1994, entre ses études secondaires et collégiales, le chef du PQ a fait un échange dans une famille du sud du Danemark pendant un an, dans le cadre du programme AFS Canada.
À l’automne 2024, bien avant la publication de son plan sur l’immigration, St-Pierre Plamondon inscrivait déjà ses propositions dans une perspective comparative. À l’Assemblée nationale, le chef du PQ citait la Suède et........
