J'ai lu l'autobiographie de Jean-Pierre Mader et j'ai pris une leçon d'humilité
J'ai lu l'autobiographie de Jean-Pierre Mader et j'ai pris une leçon d'humilité
En 2023, l'interprète de «Macumba» se livrait à un bilan mesuré et clairvoyant, fruit d'un état d'esprit dont beaucoup feraient bien de s'inspirer.
Temps de lecture: 6 minutes
18 juillet 2026 à 9h00
La moquerie est une activité facile. On ricane, on pointe du doigt, on se met à plusieurs pour se gausser de l'individu qu'on trouve grotesque, ridicule, à côté de la plaque. C'est une pratique fédératrice, qui peut facilement mener au harcèlement. Nous devrions l'utiliser uniquement pour railler les puissants, mais c'est souvent tout le contraire qui se produit: elle est avant tout employée pour enfoncer sous l'eau la tête des personnes qui sont déjà en train de se noyer.
Il est toujours tentant de tirer sur l'ambulance. Je dois bien reconnaître que lorsque je fouille dans les bacs à 2 euros de mes bouquinistes fétiches, c'est en grande partie ce sentiment qui m'anime. Repoussant avec dédain un livre consacré à une personnalité considérée comme un modèle de réussite, je me rue en revanche sur cet autre ouvrage dont le sujet ou l'auteur me semble infiniment moins respectable. La plupart du temps, le contenu me donne raison; mais parfois, je regrette d'avoir été avant tout animé par l'envie de me moquer.
Je ne m'y attendais pas, mais l'autobiographie de Jean-Pierre Mader fait partie de ces exceptions. Son titre aurait peut-être dû me mettre la puce à l'oreille: choisir On connaît ma chanson, pour un artiste dont un seul titre est réellement passé à la postérité, n'est-ce pas la preuve d'une infinie humilité et d'une autodérision certaine? Il ne m'a finalement fallu que quelques chapitres pour réaliser que j'avais effectivement fait fausse route en imaginant une lecture moqueuse: je tenais là les confessions d'un artisan de l'industrie musicale, amoureux de son art et conscient de son statut.
Pour celles et ceux qui n'auraient ni connu les années 1980 ni été invités à des mariages dans les années 1990, il est sans doute nécessaire de rappeler qui est Jean-Pierre Mader. Désormais membre de l'écurie «Stars 80», le chanteur est avant tout resté dans certaines mémoires pour le titre «Macumba», véritable tube de l'année 1985, dont le refrain est le suivant:
«Macumba, MacumbaElle danse tous les soirsPour les dockers du portQui ne pensent qu'à boireMacumba, MacumbaElle danse tous les soirsPour des marins larguésQui cherchent la bagarre»
Dès la préface, Didier Varrod (directeur musical des antennes de Radio France), lève une ambiguïté qui a alimenté tant de débats chez les fans de variété française. Macumba, c'est qui, c'est quoi? Le nom d'une discothèque (en France, vingt-trois boîtes de nuit ont effectivement porté ce nom, jusqu'à la fermeture de la toute dernière en 2025)? Ou le prénom de........
