À Izioum, en Ukraine, la vie sous les filets anti-drones
À Izioum, en Ukraine, la vie sous les filets anti-drones
Si des bombes planantes s'abattent régulièrement sur cette ville de l'est de l'Ukraine, le danger vient désormais des drones FPV. La population a été contrainte de tendre des filets au-dessus des rues pour s'en protéger. Sous ce ciel quadrillé, civils et soldats tentent de préserver un semblant de vie normale.
Temps de lecture: 4 minutes
Par Théo Prouvost-Mauzé
9 septembre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
Des morceaux de verre jonchent le sol. Les filets tendus au bord de la route sont éventrés. Un camion, encore fumant, gît sur le bas-côté. «Il y a trente minutes, un drone FPV a tenté de frapper un camion», assure un agent de police. Vingt kilomètres en amont d'Izioum, la route est déjà menacée par ces oiseaux tueurs.
«Le camionneur a pris peur et a fini dans le fossé. Le drone a frappé le 4x4 juste derrière», glisse le policier, posté au bord de la chaussée. Deux ambulances viennent évacuer les blessés et des tirs d'armes automatiques retentissent au loin. Les services de secours enfilent leurs gilets pare-balles de peur d'une «double tap», une seconde attaque une fois les secours sur place. On évacue la zone.
Peu coûteux et extrêmement maniables, les drones First Person View (FPV) quadrillent désormais les zones proches du front pour traquer les véhicules, frapper les axes de ravitaillement et harceler les villes de l'arrière. Cette bande de territoire d'environ trente kilomètres de profondeur a un nom: la «kill zone».
À Izioum, des filets en nylon sont tendus au-dessus des rues. «Depuis deux mois, les bombardements et les attaques de FPV se sont........
