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Grèce: ce que cache le récit du redressement économique après la crise de la dette publique

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02.06.2026

Grèce: ce que cache le récit du redressement économique après la crise de la dette publique

Sophie Boutière-Damahi – Édité par Émile Vaizand – 2 juin 2026 à 6h55

Alors que la politique d'austérité laisse encore des traces sociales inquiétantes en Grèce, le fonctionnement des institutions et des contre-pouvoirs apparaît aussi modifié en profondeur. Le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis, au pouvoir depuis 2019, est de plus en plus pointé du doigt et accusé de dérive autoritaire.

Temps de lecture: 5 minutes

«La Grèce est un formidable succès économique et politique», a récemment déclaré le président français Emmanuel Macron, lors d'une visite à Athènes fin avril. Derrière ce discours officiel de stabilisation financière après la crise de la dette publique grecque (à partir de 2008), le pays poursuit pourtant une restructuration post-crise encore profondément marquée par les années d'austérité. Et ce, au prix d'une paupérisation persistante d'une large partie de la population grecque, mais aussi de dérives autoritaires du pouvoir politique.

Une réussite à l'échelle européenne, mais pour qui et à quel prix?

Depuis son arrivée aux affaires en juillet 2019, le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis (président du parti Nouvelle Démocratie, droite conservatrice et libérale) fait face à des accusations récurrentes d'abus de pouvoir et d'atteintes aux droits fondamentaux. Selon Georgios Samaras, enseignant-chercheur en politiques publiques au King's College de Londres et spécialiste des transformations politiques en Grèce contemporaine, «le récit de la reprise économique s'applique à un modèle macroéconomique de niche que le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis a promu, lequel constitue en réalité une identité néolibérale post-crise après l'anéantissement complet des ménages de la classe moyenne».

Les chiffres de la croissance et du chômage masquent une réalité sociale violente. Plus d'un quart de la population grecque reste menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale.

À bien des égards, ce récit de reprise économique reste un écran de fumée de la réalité pour une grande partie de la population grecque. Certes, depuis la fin de la crise de la dette et des années d'austérité imposées par les mémorandums européens (les agendas de réformes structurelles de 2010 à 2018 rédigées par la «troïka», soit l'alliance de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international), la Grèce a retrouvé une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro (2,4% au dernier trimestre 2025, contre 1,2%), avec un........

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