Les coulisses pas très nettes des maisons d'édition qui font payer le rêve d'être publié
Les coulisses pas très nettes des maisons d'édition qui font payer le rêve d'être publié
Face aux refus des comités de lecture, de nombreux auteurs signent avec des maisons d'édition qui se présentent comme des éditeurs traditionnels. En réalité, ces contrats cachent des pratiques à la frontière de la légalité.
Temps de lecture: 4 minutes
25 août 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
«C'était comme dans un rêve.» Marine* se revoit cliquer sur le retour positif du Lys Bleu. En 2021, son premier roman sortait enfin de l'indifférence. Trop beau pour s'attarder sur quelques détails «surprenants». Pas de coup de téléphone de cette maison d'édition charmée par sa plume. Aucun rendez-vous. Juste «une vague correction orthographique», suivi d'un contrat lui intimant d'acheter 40 exemplaires de son propre livre. «Je me suis dit que c'était une petite structure indépendante, qu'il fallait les soutenir», s'était-elle persuadée à l'époque, avant de déchanter devant la couverture «cauchemardesque» proposée par l'éditeur.
Lasse, elle planchera elle-même sur un visuel, largement conservé dans la version finale. «On m'a envoyé un tutoriel pour m'expliquer comment faire ma promotion moi-même, et c'est tout. Ce que je ne savais pas, c'est qu'il fallait que je démarche les libraires pour que mon livre finisse en rayon. J'ai compris que c'était de l'arnaque», affirme-t-elle, désormais amère.
Sur Instagram ou sur le forum Jeunes écrivains, les témoignages comme celui de Marine sont légion. Ils ont signé chez le Lys Bleu, Hello Editions, Nombre 7, Spinelle… Des entreprises qui pratiquent des contrats flirtant avec l'illégalité, que Slate a pu consulter. Le loup: elles se présentent comme des maisons «à compte d'éditeur», mais multiplient les techniques pour faire participer l'auteur, tout en lui faisant céder........
