La guerre en Ukraine et la guerre au Moyen-Orient sont-elles en train de fusionner?
La guerre en Ukraine et la guerre au Moyen-Orient sont-elles en train de fusionner?
Phénix – Édité par Émile Vaizand – 14 avril 2026 à 6h55
Tout se passe comme si ce conflit agrégé sur plusieurs fronts était le fruit de la superposition d'enjeux bilatéraux aux motivations diverses, émanant de tous les acteurs impliqués de près ou de loin: États-Unis, Europe, Ukraine, Russie, Iran, Israël, Chine, pays africains, etc.
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Loin de la «fin de l'histoire», nous sommes entrés dans une accélération de l'histoire. Depuis la pandémie de Covid-19, les conflits se multiplient. L'invasion de l'Ukraine par la Russie depuis le 24 février 2022, l'opposition Israël-Iran depuis le 7 octobre 2023, les guerres éclair entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie au Haut-Karabakh à l'automne 2020 et en septembre 2023, le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, sans compter les guerres civiles au Soudan, en Libye, en République démocratique du Congo, les tensions entre l'Inde et le Pakistan en avril-mai 2025 ou encore celles à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge.
Deux conflits désormais durables dominent l'actualité: celui en Ukraine, que le président états-unien Donald Trump devait régler «en vingt-quatre heures» en janvier 2025, mais qui est depuis entré dans sa cinquième année; et celui au Moyen-Orient, qui oppose l'Iran et ses proxys à Israël et dure déjà depuis deux ans et demi. Ces deux guerres sont de plus en plus interconnectées jusqu'au point où l'on pourrait s'interroger sur leur fusion possible ou leur «mondialisation». Alors, s'avancerait-on vers une «Troisième Guerre mondiale» d'un autre type, non pas un conflit brutal, nucléaire, total, mais une guerre multirégionale, multidimensionnelle, menée au travers d'acteurs agissant par procuration?
L'interconnexion des deux conflits n'est pas récente
La guerre en Ukraine commence en 2014 dans le Donbass, dans l'est du pays, avec l'attaque de groupes séparatistes appuyés par Moscou contre l'armée régulière, suivie de l'annexion de la Crimée. Peu après, en 2015, la Russie intervient militairement dans la guerre civile syrienne pour sauver son allié Bachar el-Assad. Le Kremlin apporte aussi son soutien au général Khalifa Haftar dans la guerre civile libyenne et pose ses pions en Afrique subsaharienne par le biais du Groupe Wagner en Afrique.
La milice paramilitaire privée, née dans le Donbass en 2014 et par ailleurs mise en première ligne en Syrie, propage l'influence de la Russie à travers le continent africain, en échangeant des contrats de protection contre l'extraction de matières précieuses ou des pots-de-vin contre des marchandises de contrebande, de façon à contourner les sanctions internationales.
En 2018, le Groupe Wagner s'installe en République centrafricaine, en 2019 au Mali et au Mozambique, suivis du Burkina Faso, de la RDC, etc. C'est un vrai système d'extorsion, de terreur qui se met en place en l'espace de cinq ans et conduit à l'éviction de la France de sa zone d'influence.
Pendant ce temps, dès 2023, les Iraniens installent une usine de drones au Tatarstan (Russie), avec une production de 6.000 engins par an. Avec l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023,........
