Face au nouveau désordre mondial, l'Europe doit se tourner vers l'Ukraine pour retrouver sa souveraineté
Face au nouveau désordre mondial, l'Europe doit se tourner vers l'Ukraine pour retrouver sa souveraineté
Phénix – Édité par Émile Vaizand – 19 mai 2026 à 6h55
Le monde a changé. Les conflits, les risques et les menaces géopolitiques se renforcent. Un ordre mondial avec ses règles et ses institutions a cédé le pas à un équilibre instable et chaotique. Tout espoir de retour à la normale est une illusion. Les dirigeants du Vieux Continent doivent enfin en prendre conscience.
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En octobre 2022, l'ancien vice-président de la Commission européenne Josep Borrell déclarait: «L'Europe est un jardin. Nous avons construit un jardin. Tout fonctionne. C'est la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale que l'humanité ait jamais réalisée, ces trois choses ensemble… […] Le reste du monde n'est pas exactement un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle et la jungle pourrait envahir le jardin.» Ce point de vue résume bien l'idéalisme de la construction européenne, un projet de type utopique fondé sur une architecture de sécurité héritée de la Seconde Guerre mondiale et une vision du monde marquée par l'horreur du nazisme et le sentiment d'une faute morale liée à la colonisation.
Or, depuis une décennie, étape par étape (Brexit, annexion de la Crimée, élection de Donald Trump, Covid-19, invasion de l'Ukraine, deuxième mandat de Donald Trump, etc.), le monde du passé est en train de disparaître. Et l'Europe ressemble de plus en plus à une forteresse assiégée. L'administration trumpiste MAGA veut sa soumission et sa vassalisation, ainsi que la destruction de ses institutions. La Chine veut sa soumission économique. Les mouvements islamistes radicaux rêvent d'infléchir ses lois. La Russie veut l'asservir par la domination énergétique et la peur nucléaire.
L'Europe est exposée à un quadruple enjeu de souveraineté
• Souveraineté militaire. Le retour à la souveraineté militaire européenne est une priorité absolue. Dans un monde d'empires dont les dirigeants considèrent que la force vaut le droit (les États-Unis sur l'hémisphère occidental et le Moyen-Orient, la Russie en Europe du Nord et de l'Est, la Chine sur le Pacifique), un appareil de défense diversifié et prêt à la haute intensité est le premier facteur dans une dynamique de rapport de force et le préalable à toute négociation.
Or, douze ans après le début de la guerre dans le Donbass et de l'annexion de la Crimée, quatre ans après l'invasion russe de l'Ukraine, la situation reste préoccupante. Si les budgets consacrés à la défense ont augmenté partout, les pays d'Europe dépensent toujours trop peu, sont toujours handicapés par leur dépendance aux achats militaires américains et peinent à investir à la vitesse nécessaire. Dans le cas de la France, le problème est simple: le déficit budgétaire, la dette et la part des intérêts de celle-là dans le budget annuel sont si élevés que la marge de manœuvre est presque inexistante.
L'Union européenne a sacrifié sa souveraineté sur l'autel de l'hédonisme. En dépit des efforts, il est clair que la montée en puissance de l'appareil de défense est corrélée à la distance avec la frontière russe.
Le réveil a été brutal. Pendant trois décennies, l'Union européenne (UE) a vécu dans un monde parallèle, une sorte de «fin de l'histoire», en utilisant les budgets de la défense comme une variable d'ajustement des dépenses sociales de plus en plus élevées en raison du........
