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Au Moyen Âge, l'Église catholique vendait des tickets pour le Paradis

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Au Moyen Âge, l'Église catholique vendait des tickets pour le Paradis

Afin de remplir ses coffres, le clergé monnayait des pardons censés épargner à leurs propriétaires des années de Purgatoire. Récit.

Temps de lecture: 4 minutes

1er novembre 2026 à 9h55 – Édité par Manon Michel

Selon une croyance très ancrée au Moyen Âge, tous les fidèles de l'Occident chrétien devront après leur décès expier leurs péchés au Purgatoire. Ce lieu, dérivé du verbe latin signifiant «purifier», est un endroit distinct de l'Enfer et du Paradis –une sorte d'étape intermédiaire où les âmes stationnent pour une durée déterminée. Le programme n'est pas réjouissant: on y souffre atrocement afin de nettoyer son âme. «[Les âmes] y sont tourmentées par un feu pour un temps [afin] que, dès leur purification, elles parviennent à la véritable et éternelle béatitude», promet le pape Clément VI en 1351.

Sans surprise, le Purgatoire inspire une grande frayeur parmi les croyants. La durée du «séjour» dépendra des vices de l'individu concerné, mais généralement, elle se compte en siècles –la vie éternelle n'a pas que des avantages… Alors, tant qu'à faire, mieux vaut raccourcir le barbecue des croyants en accomplissant de bonnes actions (on parle d'actes «de réparation») pendant son existence terrestre. Réciter des prières, rendre visite aux malades, voire même examiner sa conscience permettent de rendre son passage dans l'au-delà plus confortable et d'obtenir les convoitées «indulgences».

Combien pour ce péché?

C'est au XIe siècle, au moment où l'Occident latin se met en croisade pour défendre Jérusalem des «Infidèles», que les indulgences apparaissent. Elles servent alors de monnaie d'échange aux organisateurs de la «guerre sainte»: les soldats qui s'engagent dans le conflit reçoivent en........

© Slate