Avant Luigi Mangione, l'histoire de Marcel Muller, autre assassin de patron dans les années 1920
Avant Luigi Mangione, l'histoire de Marcel Muller, autre assassin de patron dans les années 1920
Morgan Poggioli – 2 mai 2026 à 17h00
Les futurs procès de Luigi Mangione, soupçonné d'avoir tué le PDG de la plus grosse compagnie d'assurances des États-Unis, évoquent un cas similaire qui a éclaté en France il y a un peu plus d'un siècle: l'affaire Muller.
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Le 8 septembre 2026 s'ouvrira le procès de l'État de New York contre Luigi Mangione, soupçonné d'avoir abattu Brian Thompson, le patron de UnitedHealthcare, la plus importante compagnie privée d'assurances des États-Unis, en décembre 2024 à New York. Le procès fédéral contre Luigi Mangione a lui été reporté au début de l'année 2027. En France, il y a un peu plus d'un siècle, une affaire semblable avait défrayé la chronique: l'affaire Marcel Muller, du nom de l'ouvrier qui tua l'un des responsables de la Compagnie générale d'électricité à la suite de l'arrêt du versement de sa pension d'invalidité.
Cette histoire se déroule le 14 février 1922, à Paris. Un jeune ouvrier de 20 ans, mutilé du travail, dénommé Marcel Muller, tue à coups de revolver le chef du contentieux de son entreprise, la Compagnie générale d'électricité. Les faits surviennent à la suite de l'arrêt de sa pension et de l'attribution d'une rente d'invalidité qu'il considérait comme insuffisante (l'équivalent de 1.700 euros actuels par an), alors que la plaie consécutive à son amputation du bras droit n'était toujours pas cicatrisée. Marcel Muller blesse également deux policiers au cours de son arrestation. Ce fait divers a un retentissement national. Toute la presse s'en empare, plus d'une centaine d'articles paraissent dans les jours qui suivent, au point de transformer l'événement en une «affaire», qu'on appelle rapidement l'«affaire Muller».
«Un drame du travail. Victime d'un accident du travail et gravement mutilé, un ancien ouvrier d'une grande compagnie d'électricité, mécontent de se voir attribuer une trop faible pension, blesse mortellement, à coups de revolver, un fonctionnaire de la compagnie.» Le Petit journal illustré, 26 février 1922. | Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Du fait divers au fait de société
Alors que les «gueules cassées» et les invalides de guerre interrogeaient la société française sur le sort des mutilés au sortir de la Première Guerre mondiale,........
