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Pépites et surprises au 79ᵉ Festival de Locarno

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16.08.2026

Pépites et surprises au 79ᵉ Festival de Locarno

Cette édition à la programmation hétéroclite a permis de découvrir de très belles propositions de cinéma, pour la plupart signées de cinéastes peu ou pas connus.

Temps de lecture: 8 minutes

Par Jean-Michel Frodon

16 août 2026 à 16h55 – Édité par Thomas Messias

Le 79e Festival de Locarno s'est tenu du 5 au 15 août. Principale manifestation cinématographique au cœur de l'été, le rendez-vous tessinois continue d'attirer un public nombreux, notamment sur l'immense et spectaculaire Piazza Grande pour les projections nocturnes sur l'écran géant.

Cette année aura permis de découvrir un nombre significatif de films dignes d'intérêt, mais le Festival dans son ensemble a semblé plus soumis que jamais au problème de fond auquel il est confronté depuis des années: la dispersion des idées du cinéma qui y sont mises en avant, l'hétérogénéité de la programmation, les logiques antagonistes qui animent le choix des films.

L'exemple le plus frappant concerne ce qui est montré sur cette fameuse Piazza Grande, qui fut naguère un écrin capable de sublimer des œuvres ambitieuses. Elle sert désormais surtout à des reprises de classiques hollywoodiens (Les Dents de la mer, Danse avec les loups, Taxi Driver…), à des avant-premières suisses de films découverts à Cannes, et à quelques inédits consensuels.

On fera une exception pour le film d'ouverture, Les Yeux verts de Fanny Liatard et Jeremy Trouilh. Les réalisateurs découverts il y a cinq ans avec Gagarine poursuivent dans une veine comparable, qu'on pourrait définir comme une nouvelle version du réalisme poétique, où une situation sociale contemporaine est prise en charge par l'affirmation des puissances du conte. Dans ce cas, il s'agit d'enfants immigrés menacés d'expulsion, la petite fille se lançant dans une grande aventure pour sauver son frère aîné du bien réel syndrome de résignation, qui semble un maléfice dû au filtre d'une sorcière alors qu'il est une pathologie résultant des égoïsmes et de la démagogie européennes.

La compétition internationale, sélection la plus prestigieuse du festival, n'a pas échappé au caractère disparate de l'ensemble de la manifestation.

Toutes sections confondues, il y avait soixante-sept longs métrages inédits à découvrir sur les rives du lac Majeur, à côté de la belle rétrospective consacrée aux films, aux réalisateurs, aux scénaristes, et aux circonstances qui ont vu le cinéma américain soumis à la violence du maccarthysme dans les années 1940-1950.

Conçu aussi comme un écho aux contemporaines politiques trumpistes dans le domaine culturel et éducatif, le programme était accompagné de la parution d'un livre collectif très complet, Red and Black, Hollywood Left and the Blacklist, sous la direction d'Ehsan Khoshbakht (Éditions de l'Œil).

En compétition: florilège en pointillés

Conclue par un palmarès qui a attribué le Léopard d'or au pas très convaincant film roumain You Don't Belong Here de........

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