À voir au cinéma: «La Gradiva», «Marie Madeleine», «Les Recommencements», «Octobre à Paris»
À voir au cinéma: «La Gradiva», «Marie Madeleine», «Les Recommencements», «Octobre à Paris»
Découvertes réjouissantes avec les films de Marine Atlan et de Gessica Généus, vibrants retours au présent sur des passés douloureux avec le documentaire d'Isabelle Ingold et Viviane Perelmuter et la reprise de celui de Jacques Panijel.
Temps de lecture: 6 minutes
Par Jean-Michel Frodon
20 octobre 2026 à 19h55 – Édité par Manon Michel
«La Gradiva» de Marine Atlan
Nombreuses sont les critiques de cette rentrée qui s'ouvrent par un rappel de la joie qu'a été la découverte du film concerné au dernier Festival de Cannes. Celui-ci fut en effet particulièrement fertile en belles découvertes, et La Gradiva, premier long métrage de Marine Atlan, en fait pleinement partie.
Titre-phare de la Semaine de la critique, il se signale par sa manière de déjouer les mécanismes convenus du film d'adolescents en groupe, genre extrêmement codé dont le début semble annoncer la reconduction, tandis qu'il accompagne une classe de lycéens français et leur professeure pour un voyage à Naples et à Pompéi.
Et s'il y aura bien la découverte de sentiments nouveaux, de rivalités, de séductions, de copinages venus de l'enfance et la curiosité d'un monde à découvrir et à habiter, La Gradiva ne cesse de s'enrichir de nouvelles tonalités.
Autour de Toni, dont la grand-mère vient de la région où les élèves sont logés, jeune homme travaillé par des élans contradictoires, de Suzanne, de James et de la prof qui accompagne le groupe, prolifèrent de multiples autres approches.
Elles sont nourries d'une relation documentaire à la ville, très présente et très bien filmée, et de tout un assortiment de ressorts activés par diverses façons d'utiliser la parole, et par le rôle décisif de cette archive physique impressionnante qu'est le site même de Pompéi.
La jeunesse des protagonistes –de fêtes en moments intimes– et la mort des victimes de l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C., gravée dans la lave et le mythe, multiplient les puissances d'évocation de situations dont le réalisme se teinte d'une magie très concrète.
Riche en péripéties, La Gradiva trouve son élan dans la manière généreuse et inquiète avec laquelle Marine Atlan filme une beauté disponible à la violence des rapports humains, qui fait exister un film très plein, dont pouvait dire en le découvrant à Cannes que ses échos se perpétuent longtemps.
À voir au cinéma: «Minotaure», «Qui vit encore», «Le Jour de son retour», «La Porte des........
