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À voir au cinéma: «L'Inconnue» d'Arthur Harari

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25.08.2026

À voir au cinéma: «L'Inconnue» d'Arthur Harari

Grâce à la présence à l'écran de ses interprètes, le film fusionne le fantastique et le réalisme pour inventer un mystère incandescent.

Temps de lecture: 4 minutes

Par Jean-Michel Frodon

D'abord il y a lui, David. Mais est-il vraiment là, cet homme jeune, sombre, maigre, au regard brûlant? Reclus chez lui le plus souvent, il sort pour photographier des espaces urbains sans âme, qu'il semble hanter comme un fantôme.

Le film est commencé, mais le ressort dramatique qui l'anime ne s'est pas encore enclenché. Cet être en suspens, sa relation à ces rues et ces bâtiments sans charme, le lien avec un absent dont son appareil enregistre les traces, participent de cette mise en mouvement, intriguée, disponible, que L'Inconnue suscite chez le spectateur ou la spectatrice.

Une jeune femme passe. Il la photographie. Le début d'une histoire? Non. Ou alors…

Après cette ouverture flottante, soudain les affects s'intensifient à l'occasion d'une immense fête collective, bal masqué de masse où erre David, le seul à ne pas être déguisé. Personne ne le regarde. Sauf nous, le public du film. Et puis de nouveau elle, cette femme croisée dans un parc.

Mystérieuse et banale, la situation qui va éclore entre eux vaut aussi comme métaphore d'une relation entre spectateur et personnage de fiction: alors qu'ils ne se connaissent pas, qu'un dispositif collectif (la fête, le spectacle) vient d'organiser leur rencontre, ils font l'amour.

Rapport intense, fusionnel, qui vaut aussi pour ce transfert curieux, constamment répété, qui fait adhérer tout un chacun, toute une chacune, à des figures que dès la première rencontre nous reconnaissons sans les........

© Slate