Regardez ce qu'il se passe à Wall Street, vous y verrez l'avenir du monde
Regardez ce qu'il se passe à Wall Street, vous y verrez l'avenir du monde
Gérard Horny – Édité par Émile Vaizand – 5 juin 2026 à 6h55
La Bourse américaine domine de très loin les autres marchés boursiers mondiaux et deux secteurs y brillent actuellement: l'énergie et l'intelligence artificielle. Ce n'est pas étonnant, ce sont les deux secteurs par lesquels Donald Trump entend asseoir la domination des États-Unis sur le monde.
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La domination de la Bourse américaine –en réalité, il faudrait plutôt parler des Bourses états-uniennes, puisqu'à côté du marché traditionnel du New York Stock Exchange (NYSE), il y a l'indice technologique du Nasdaq, lui aussi établi à New York– n'est pas nouvelle, mais elle n'a jamais été aussi éclatante. Selon les chiffres rassemblés par l'agence de presse Bloomberg, au mois d'avril, la valeur cumulée de toutes les actions cotées à Wall Street affichait un total de plus de 75.000 milliards de dollars (environ 64.474 milliards d'euros actuellement). Cette capitalisation boursière dépassait celle de toutes les actions cotées sur les neuf marchés boursiers suivants, loin devant les deux marchés de la Chine continentale, Shanghai et Shenzhen, avec 14.840 milliards de dollars au total.
Ranked: The World’s Largest Stock Markets 📈https://t.co/KfhvTrOmOZ pic.twitter.com/GDliwgi1om— Visual Capitalist (@VisualCap) May 29, 2026
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On remarquera au passage que la Chine dite «communiste» a le deuxième marché boursier mondial, ce qui peut paraître paradoxal si l'on pense que la Bourse est le symbole le plus évident du système capitaliste… Pour juger complètement de la place de la Chine dans le système financier international, il faudrait d'ailleurs y ajouter le quatrième marché mondial, celui de Hong Kong, avec ses 7.410 milliards de dollars, juste derrière la Bourse de Tokyo (8.190 milliards de dollars). Viennent ensuite l'Inde, le Canada, Taïwan et la Corée du Sud, les premiers marchés européens n'arrivant qu'aux neuvième et dixième places, avec le Royaume-Uni (3.990 milliards de dollars) et la France (3.450 milliards).
Cette concentration est encore plus remarquable si l'on observe le poids occupé par quelques grandes entreprises dans ces classements. Les trois premières capitalisations boursières de la place de New York, à savoir Nvidia (près de 5.200 milliards de dollars), Apple (4.550 milliards) et Alphabet (la maison mère de Google, 4.440 milliards) valent chacune isolément plus que toutes les entreprises cotées à la Bourse de Paris. Ces chiffres devraient ramener à un peu plus de raison tous les fervents souverainistes et nationalistes qui n'ont que la «grandeur» de la France à la bouche. Le sens des réalités ne peut pas faire de mal quand on veut faire de la politique…
Record sur record à Wall Street
Cette formidable domination exercée à l'échelle mondiale par quelques grandes firmes est encore plus impressionnante dans le contexte actuel. On voit que de nombreux marchés boursiers mondiaux souffrent de la crise énergétique provoquée par la guerre en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz, alors que les Bourses américaines battent record sur record. Le bilan du mois de mai est éloquent. Tandis qu'à Paris l'indice CAC 40 n'a réussi qu'à remonter de 0,84% avec l'espoir d'un cessez-le-feu prolongé, à New York, l'indice Nasdaq 100, dans lequel on retrouve les plus grandes entreprises de haute technologie, a gagné 11% et battu treize fois son record au cours de ce seul mois.
La hausse des coûts de l'énergie pose certes des problèmes aux consommateurs états-uniens et à beaucoup d'entreprises, mais l'idée prévaut que la masse gigantesque d'investissements décidés pour prendre position dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA) va plus que compenser les effets négatifs de la guerre au Moyen-Orient. Et, de fait, après avoir mieux résisté qu'on ne le prévoyait en 2025 à la bataille déclenchée par Donald Trump sur les droits de douane, l'économie états-unienne se porte plutôt bien actuellement.
En France, l'Insee vient........
