Mécontentement et montée des populismes en Europe: l'économie, principale responsable
Mécontentement et montée des populismes en Europe: l'économie, principale responsable
La colère monte et pas seulement en France. Pouvoir d'achat, logement, crainte pour l'avenir, les mêmes revendications se retrouvent dans beaucoup de pays. Ce n'est pas un hasard.
Temps de lecture: 9 minutes
23 octobre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
Pour beaucoup de nos concitoyens, il n'y a pas besoin de chercher très loin. Si cela va mal en France, c'est de la faute à Macron. Il est certain qu'au cours des dernières années, le chef de l'État a commis des maladresses, voire des erreurs. Selon ses opinions politiques, on peut en dresser des listes plus ou moins longues, qui ne ne recoupent pas. Vu d'extrême-droite, Macron est un homme de gauche, un pur produit du socialisme, pour les partisans de Jean-Luc Mélenchon, c'est un néolibéral au service du grand patronat…
Dans un cas comme dans l'autre, rejeter la responsabilité de tous nos problèmes sur un homme, c'est se dispenser de réfléchir plus profondément sur le monde dans lequel nous vivons. Dans d'autres pays comparables au nôtre, des problèmes similaires se posent avec plus ou moins d'intensité. Peut-être faudrait-il se poser la question de savoir pourquoi tous les partis en place ou presque ont à faire face à un mécontentement plus ou moins prononcé qui se manifeste dans la rue ou dans les urnes. Et se demander si un changement radical de politique, dans un sens ou l'autre, pourrait conduire à une amélioration rapide de notre situation.
La leçon du «tournant de la rigueur» de 1983
Faisons un petit retour en arrière. En mai 1981, la gauche revient au pouvoir après en avoir été exclue pendant plus de deux décennies. Les premières mesures sont spectaculaires: passage à la semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, retraite à 60 ans, hausse du SMIC de 10% dès le 1er juin, suivie de deux autres hausses en septembre et en novembre. C'est la fête, mais elle est de courte durée. Face à la montée de l'inflation, qui approchait 15%, la Réserve fédérale des États-Unis a décidé de relever ses taux directeurs. En juin 1981, le taux de base des banques américaines est porté à 20%. Le coup de frein est général, sauf en France. Le résultat ne se fait pas attendre : tous les producteurs du monde se ruent sur le marché français où la consommation été relancée. Et la France cumule tous les déficits, du budget, du commerce extérieur, etc.
Budget 2027: un projet peu satisfaisant, qu'il faudrait pourtant adopter
Le franc est dévalué une première fois en octobre 1981, puis une deuxième en juin 1982 et encore une troisième en mars 1983. Le gouvernement de Pierre Mauroy doit se résoudre au «tournant de la rigueur» décidé en accord avec les autres pays européens : gel des prix et des salaires, réduction des dépenses du budget de l'État et de la Sécurité sociale, création d'un carnet de changes pour les voyages à l'étranger, emprunt obligatoire pour les plus aisés et prélèvement supplémentaire au titre de l'impôt sur le revenu, etc.. Il n'avait pas vraiment le choix. Sinon la France devait quitter le système monétaire européen et se lancer seule dans une aventure hasardeuse. Certains étaient tentés de retenir cette solution, François Mitterrand ne les a pas suivis, l'intérêt général devant l'emporter à ses yeux sur les considérations idéologiques.
Nous avons changé de monde
C'était la dernière fois en 1981 qu'un gouvernement français prenait des mesures directement inspirées par des considérations de politique intérieure sans tenir compte de l'environnement international. Cela ne s'est pas reproduit et ne pourrait plus se reproduire pour une raison simple: nous avons........
