Économie: profitez bien de vos vacances, la rentrée sera dure!
Économie: profitez bien de vos vacances, la rentrée sera dure!
Canicules en série, reprise des hostilités autour du détroit d'Ormuz: les perspectives économiques s'assombrissent de nouveau. Et la préparation du budget 2027 au cours de cet été va être encore plus compliquée que prévu.
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17 juillet 2026 à 7h00 – Édité par Émile Vaizand
Le jeudi 9 juillet, la Banque de France publiait une note mensuelle de conjoncture des plus rassurantes: selon les quelque 8.500 dirigeants d'entreprise interrogés, l'activité s'était nettement raffermie en juin dans l'industrie et avait rebondi dans les services marchands et le bâtiment. Et la suite s'annonçait sous de bons auspices: les chefs d'entreprise entrevoyaient pour le mois de juillet une nouvelle progression de l'activité, quoique plus modérée dans l'industrie et les services et assez faible dans le bâtiment. Surtout, ses économistes estimaient que la hausse du produit intérieur brut (PIB) pourrait avoir atteint 0,2% au deuxième trimestre. C'était un grand soulagement, après les craintes d'une phase de récession due au déclenchement de la guerre en Iran et à l'envolée des prix du gaz et du pétrole.
Ainsi, avec l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, les discours pessimistes des économistes semblaient ne plus avoir de raison d'être. Ces derniers nous avaient prévenus: même si les combats s'arrêtent, le retour à la normale sera très long du fait notamment des destructions enregistrées dans les zones de production et de stockage des hydrocarbures. Or, que constatait-on, au moins en ce qui concerne le pétrole? Les cours étaient revenus en quelques semaines à un niveau très proche de celui qu'ils avaient atteint avant le 28 février, date de l'ouverture des hostilités, juste au-dessus de 70 dollars pour le baril de Brent.
La détente se faisait sentir immédiatement sur l'indice des prix. Dans la zone euro, le rythme annuel de hausse avait atteint 3,2% en mai 2026. Puis, selon les premières estimations d'Eurostat, l'inflation retombait à 2,8% au mois de juin. En France, les prix de l'énergie avaient baissé de 4,2% en juin, ce qui avait entraîné un recul de 0,4% de l'ensemble des prix, dont la hausse annuelle retombait à 1,8%.
Pourtant, les raisons de s'inquiéter sont toujours là et elles sont même encore plus nombreuses, les menaces climatiques venant s'ajouter au désordre géopolitique.
Du coup, tous ceux qui avaient critiqué la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de remonter, le 11 juin, ses trois taux directeurs de 25 points de base (0,25%) triomphaient: «On vous avait bien dit que c'était une bêtise, que la hausse des prix s'expliquait uniquement par celle des prix des hydrocarbures et qu'avec la réouverture du détroit d'Ormuz, les choses rentreraient dans l'ordre, sans qu'il soit besoin de pénaliser l'économie par une hausse du coût du crédit.»
Outre-Atlantique aussi, où Donald Trump avait fait nommer Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), un président censé être plus sensible à ses demandes, on a eu une divine surprise. Alors que le nouveau numéro un de la Fed venait juste d'inquiéter les milieux financiers par la fermeté inattendue de son ton en déclarant devant le Congrès états-unien que la Réserve fédérale ne saurait «tolérer» un dérapage «durable» de l'inflation, le Bureau des statistiques du travail (Bureau of Labor Statistics) a annoncé, mardi 14 juillet, que la hausse des prix à la consommation, qui avait atteint 4,2% en rythme annuel au mois de mai, était revenue en juin à 3,5%, grâce à un recul de 5,7% des prix de l'énergie. Dans ces conditions, la Fed n'aurait pas besoin de relever ses taux directeurs et la croissance américaine pourrait se poursuivre sans obstacle.
Regain d'inflation, déséquilibres macroéconomiques, inquiétudes dans le monde entier: merci Donald Trump
Pourtant, les raisons de s'inquiéter sont toujours là et elles sont même encore plus nombreuses, les menaces climatiques venant s'ajouter au désordre géopolitique. Malgré l'évidence de sa fragilité, entrepreneurs et financiers voulaient croire dans le maintien du cessez-le-feu. Mais avec des dirigeants états-uniens qui ne savent pas où ils........
