Au Japon, des bodybuilders et sportifs recrutés pour faire face à la pénurie d'aides-soignants
Au Japon, des bodybuilders et sportifs recrutés pour faire face à la pénurie d'aides-soignants
Le Japon a inventé le «macho care», misant sur des musculatures qui rassurent les résidents et des profils sains qui redorent l'image du métier.
Temps de lecture: 4 minutes
Par Adrien-Guillaume Padovan
21 août 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel
À peine les présentations faites, ils n'attendent pas pour montrer leurs muscles; et pour cause, c'est leur carte de visite. Ichinomiya, près de Nagoya, est une de ces villes d'entrée dans la mégalopole japonaise, avec ses bâtiments uniformes et son décor quelconque: des artères bordées d'enseignes et de grandes surfaces, des résidences éparses aux toits traditionnels hisashi. Rien de kawaii non plus à l'extérieur de cet établissement de soin. Et pourtant, à l’entrée de ce lieu aux allures d'école primaire, la banalité s'efface d'un coup.
On y trouve Takuya Usui et Hokuto Tatsumi, 28 et 29 ans, tenue aussi noire que leurs cheveux, corps sculptés par des années de bodybuilding. «Un ancien collègue, dans mon précédent travail, était musclé et classe. J'ai voulu lui ressembler car je l'admirais», confie l'un des deux hommes. Ils font tous deux partie de 7Seas, l'équipe de bodybuilders de Visionary, entreprise de services d'aide aux personnes. Cette dernière recrute depuis huit ans des sportifs comme aides-soignants, ou comme les golgoths s'appellent eux-mêmes: des «muscular care givers», des «soignants musclés».
«Pour les athlètes qui, dans les disciplines du fitness, de l'hyrox ou des arts martiaux, ont un vrai potentiel de tête d'affiche pour notre entreprise, je me déplace aux compétitions et je les démarche, explique Yusuke Niwa, fondateur de Visionary. Mais il y a aussi des cas où certains, admiratifs de ceux qui travaillent chez nous, postulent d'eux-mêmes.»
Dans l'une des salles équipées d'haltères, Takuya Usui s'occupe de Yoshiki, un homme d'une........
