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Dans le Loiret, le RN se voit construire un «petit fief» sur les ruines de la droite

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20.03.2026

Dans le Loiret, le RN se voit construire un « petit fief » sur les ruines de la droite

Arrivé en tête au premier tour à Montargis et Amilly, le parti d’extrême droite espère ravir l’une des deux communes de l’agglomération montargoise dimanche. Avec pour objectif de poursuivre son implantation dans ce territoire, symbole du remplacement de la droite traditionnelle par le RN.

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MontargisMontargis et Amilly (Loiret).– Installé dans sa permanence de campagne de la rue commerçante de Montargis, le candidat du Rassemblement national (RN) aux municipales a la poignée de main ferme, le sourire avenant mais un problème : il ne sait pas s’il a le droit de répondre à Mediapart. Côme Dunis sort donc pour téléphoner au député de la circonscription, Thomas Ménagé, afin de s’enquérir des consignes. Après quelques minutes, le couperet tombe : « On ne vous empêchera pas d’écrire votre article, mais on ne vous répondra pas à trois jours du second tour. »

Contacté par téléphone dans la foulée, Thomas Ménagé justifie sa décision : « Vous parler ne nous apporterait rien, c’est une perte de temps à trois jours du second tour. » Il consent tout de même à prendre quelques minutes pour se satisfaire « en toute immodestie » de son travail d’implantation locale. « Le boulot du député que je suis et le travail que je fais avec les élus de tous les partis porte ses fruits, les gens voient bien qu’on est très loin de la caricature qu’on fait de nous, qu’on n’est pas xénophobes, qu’on travaille avec tout le monde », proclame-t-il auprès de Mediapart.

Arrivé en tête au premier tour, avec 29,5 % des suffrages exprimés, devant le maire sortant de droite et deux listes de gauche, le candidat du RN nourrit de bons espoirs de ravir la mairie dimanche 22 mars, à l’issue d’une triangulaire contre la droite et la gauche, quatre ans après que Thomas Ménagé a conquis la circonscription.

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Porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, directeur de campagne du parti pour les prochaines législatives, Thomas Ménagé, 34 ans, incarne la stratégie des nouveaux élu·es du RN : omniprésent sur son territoire, attentif aux événements locaux, il envoie ses condoléances à chaque décès dans une famille, ses félicitations à chaque médaille du travail.

En 2024, le député a frôlé la réélection dès le premier tour (49,6 %), preuve de la réussite de son implantation, récompensée un an plus tard par l’organisation, dans un champ d’une commune voisine de Montargis, d’un grand raout rassemblant tous les alliés européens du RN. Un collectif d’habitant·es s’était alors mobilisé pour organiser un contre-rassemblement, emmené par la responsable associative Sylvie Braibant et Bruno Nottin, candidat communiste battu au second tour en 2024, désormais tête de liste de la gauche unie.

Double menace sur l’agglomération

« L’esprit du 9 juin s’est un peu étiolé... », regrette Sylvie Braibant, déçue que la gauche ait dû attendre le second tour pour s’unir face à une extrême droite gagnant chaque jour du terrain. Journaliste à la retraite, coprésidente des « Amies et amis de la Commune de Paris 1871 », elle se désole de l’installation d’un véritable « petit fief » du RN, qui « siphonne de plus en plus la droite locale » dans le Montargois. « L’hégémonie est vraiment du côté du RN, on le sent quand on tracte et on milite, abonde Nathalie, militante dans le collectif « Loiret soulève-toi ». Et sur Facebook, c’est encore pire, la parole raciste est vraiment libérée, ça........

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