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Crise dans le détroit d’Ormuz: "Il faut redonner à l’agriculture son rôle nourricier"

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12.06.2026

Cela fait maintenant plusieurs semaines que le monde entier a les yeux rivés sur ce coin de la planète : le détroit d’Ormuz. Cette guerre, comme d’autres auparavant, ne devait pas durer longtemps. Or, elle s’enlise ! Les conséquences pour l’économie sont immenses, notamment pour l’agriculture de notre pays et, par effet domino, pour l’alimentation de nos concitoyens.

Cette guerre nous met dans une situation que nous pensions inconcevable : la possible pénurie alimentaire ! Lors de l’épisode du Covid-19, cette éventualité avait été abordée et même qualifiée de « pure folie » par le premier d’entre nous : le président de la République. Depuis que s’est-il passé ? Rien de probant, sinon l’accélération du modèle agricole industriel, avec pour symbole la loi Duplomb et maintenant la loi d’urgence agricole qui soutient sans équivoque l’industrialisation à marche forcée de l’agriculture. Assurément, ces lois ne sont pas une réponse aux défis qui s’annoncent pour l’agriculture et la société. Or, cette crise énergétique met en avant les fragilités de notre modèle agricole.

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La production est grandement menacée à court terme et un arrêt total et brutal à moyen terme n’est pas à exclure. Quant au secteur de l’agroalimentaire qui transforme nos aliments, il pourrait être, lui aussi, totalement bloqué. Et la grande distribution ne sera pas en reste car si elle n’est pas approvisionnée, faute de produits ou faute de transporteurs, elle sera, également, inopérationnelle. Toute notre organisation alimentaire est basée sur un système prétendument sans faille...

Le modèle agricole développé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale – en réalité cela avait commencé avant la guerre – est axé sur l’export. C’est ainsi que le paysan, présenté alors comme un plouc, est devenu un agriculteur, puis de nos jours un agri-manager. Le but est de vendre sur les marchés mondiaux via le libre-échange. Le résultat est là, sous nos yeux. En soixante ans, plus de 90 % des paysans ont été méthodiquement éliminés. La nourriture est devenue sans lien avec le sol, le climat,........

© Marianne