Limitation à 80 km/h dans les départements : une réforme imposée sur une preuve fragile
Moins de vitesse = moins d’accidents ? C’est l’équation sur laquelle se sont fondés les défenseurs du passage aux 80 km/h sur les routes départementales. Mais cette mesure n’est pas née soudainement sous Édouard Philippe. Elle trouve son origine dans le rapport remis en novembre 2013 par le comité des experts du Conseil national de sécurité routière (CNSR), saisi pour élaborer une stratégie permettant d’atteindre un objectif politique déjà fixé : faire passer la France sous le seuil des 2 000 morts par an sur les routes d’ici 2020. Parmi les quatre mesures jugées prioritaires, les experts recommandaient l’abaissement de 90 à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central, en s’appuyant sur la littérature internationale et en avançant un gain théorique de 350 à 400 vies par an en cas d’application générale. Cette orientation a ensuite été reprise par le CNSR en juin 2014, puis par le gouvernement dans le CISR du 9 janvier 2018.
