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Finalement, Balzac était-il de gauche ou de droite ?

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10.07.2026

Monarchiste, catholique, conservateur : Balzac semble, à première vue, pencher clairement à droite. Mais La Comédie humaine a fasciné Marx, Engels et des générations de lecteurs de gauche par sa critique féroce de l’argent, du pouvoir et des rapports sociaux. Dans Balzac nous appartient (CNRS éditions), l’historienne Judith Lyon-Caen raconte comment le romancier est devenu un champ de bataille politique.

Balzac appartient à tout le monde. C’est sans doute cela qui est précisément le problème. Aux monarchistes d’abord, qui le lisent comme le dernier grand romancier d’un monde d’ordre. Aux marxistes, qui y voient l’anatomiste impitoyable du capitalisme naissant. Aux professeurs, aux éditeurs, aux collectionneurs, aux polémistes, aux écrivains de droite, aux lecteurs de gauche. Rarement un auteur aura autant servi à faire semblant de parler littérature quand on parlait, en réalité, de politique.

Écrivain révolutionnaire ?

La question paraît un peu potache : Balzac était-il de gauche ou de droite ? Elle traverse pourtant, en filigrane, le passionnant livre de Judith Lyon-Caen. L’historienne n’écrit pas une énième histoire de la réception de Balzac, mais une enquête sur les manières dont un classique se transmet, se dispute, se revendique, se déforme. Elle le précise à Marianne : « La question de savoir si Balzac est de droite ou de gauche n’a jamais cessé d’accompagner sa postérité. Les positions politiques de Balzac de son vivant sont complexes, mouvantes : il diagnostique mieux que quiconque les inquiétudes et les frustrations de la société post-révolutionnaire ; il finit par se peindre en homme d’ordre, écrivant à la lueur de "deux vérités éternelles : la religion et la monarchie".........

© Marianne