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Jean-Marc Schiappa : "Il n'y aurait pas eu de Révolution française sans les femmes"

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24.06.2026

Robespierre, Danton, Mirabeau ou encore Lafayette, sont autant de noms d'hommes qui ont marqué de leur empreinte la Révolution française. Mais où sont les femmes ? Cantonnées à un rôle secondaire de l’histoire, elles sont les grandes absentes de cette révolution. Pourtant la marche vers Versailles du 5 octobre 1789, mené en grande partie par des femmes, marque un tournant majeur.

Dans son dernier ouvrage, publié aux éditions Fayard, Les femmes dans la Révolution française, Jean-Marc Schiappa, historien et président de l’Institut de recherche et d’étude de la libre pensée, cherche à montrer que les femmes n’ont pas été de simples spectatrices de la Révolution, mais des actrices politiques, sociales et militantes à part entière.

Marianne : Pourquoi avoir choisi de consacrer un ouvrage aux femmes de la Révolution française, alors que l’histoire révolutionnaire a longtemps été racontée principalement à travers les figures masculines ?

Jean-Marc Sciappa : En faisant des recherches sur la Révolution française, on se rend rapidement compte qu’il y a une véritable occultation du rôle des femmes pendant cette période. On parle un peu des femmes pour la marche du 5 octobre et un peu avec le phénomène des tricoteuses. Or, s’il n’y a pas les femmes des catégories populaires, il n’y a pas la révolution. Georges Clemenceau a dit « la Révolution française est un "bloc" », ce qui n’est pas vrai.

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La Révolution française est une coalition de diverses révolutions et dans ces diverses révolutions, la révolution que l’on peut qualifier de « populaire » est marquée par l’implication absolue des femmes. Dans les historiographies classiques, on ne les voit pas. Une de mes collègues utilise l’expression que j’ai moi-même reprise : « il faut chercher un jupon quand on fait l’histoire de la Révolution française. » Les femmes du peuple sont oubliées pour laisser place à des figures telles que Olympe de Gouges qui est en réalité un personnage secondaire. Cette vision de l’histoire tourne le dos à l’essence de la révolution, à savoir : le peuple en mouvement.

Votre livre cherche-t-il à corriger un oubli de........

© Marianne