Jean-Marc Schiappa : "Il n'y aurait pas eu de Révolution française sans les femmes"
Robespierre, Danton, Mirabeau ou encore Lafayette, sont autant de noms d'hommes qui ont marqué de leur empreinte la Révolution française. Mais où sont les femmes ? Cantonnées à un rôle secondaire de l’histoire, elles sont les grandes absentes de cette révolution. Pourtant la marche vers Versailles du 5 octobre 1789, mené en grande partie par des femmes, marque un tournant majeur.
Dans son dernier ouvrage, publié aux éditions Fayard, Les femmes dans la Révolution française, Jean-Marc Schiappa, historien et président de l’Institut de recherche et d’étude de la libre pensée, cherche à montrer que les femmes n’ont pas été de simples spectatrices de la Révolution, mais des actrices politiques, sociales et militantes à part entière.
Marianne : Pourquoi avoir choisi de consacrer un ouvrage aux femmes de la Révolution française, alors que l’histoire révolutionnaire a longtemps été racontée principalement à travers les figures masculines ?
Jean-Marc Sciappa : En faisant des recherches sur la Révolution française, on se rend rapidement compte qu’il y a une véritable occultation du rôle des femmes pendant cette période. On parle un peu des femmes pour la marche du 5 octobre et un peu avec le phénomène des tricoteuses. Or, s’il n’y a pas les femmes des catégories populaires, il n’y a pas la révolution. Georges Clemenceau a dit « la Révolution française est un "bloc" », ce qui n’est pas vrai.
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La Révolution française est une coalition de diverses révolutions et dans ces diverses révolutions, la révolution que l’on peut qualifier de « populaire » est marquée par l’implication absolue des femmes. Dans les historiographies classiques, on ne les voit pas. Une de mes collègues utilise l’expression que j’ai moi-même reprise : « il faut chercher un jupon quand on fait l’histoire de la Révolution française. » Les femmes du peuple sont oubliées pour laisser place à des figures telles que Olympe de Gouges qui est en réalité un personnage secondaire. Cette vision de l’histoire tourne le dos à l’essence de la révolution, à savoir : le peuple en mouvement.
Votre livre cherche-t-il à corriger un oubli de........
