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Anaïs Voy-Gillis : "La réindustrialisation ne se déploie jamais sur une page blanche"

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16.06.2026

Marianne : Pourquoi la réindustrialisation est-elle aujourd’hui revenue au cœur du débat public en France ?

Anaïs Voy-Gillis : Trois dynamiques expliquent ce retour. La première est géopolitique : le retour des rapports de force entre puissances a rappelé qu’un pays qui perd sa base industrielle perd aussi une partie de sa capacité à décider et à faire face aux crises. La deuxième est climatique : la transition suppose de transformer profondément les sites existants, mais aussi de produire les équipements, les matériaux et les technologies nécessaires à la décarbonation. Enfin, la réindustrialisation répond à un enjeu de cohésion sociale et territoriale. L’industrie peut créer de la valeur, des emplois qualifiés et des écosystèmes de sous-traitance en dehors des seules grandes métropoles.

Vous parlez dans ce rapport de territoires sous contrainte. Pouvez-vous développer ?

La réindustrialisation ne se déploie jamais sur une page blanche. Chaque territoire hérite d’activités, de compétences, d’infrastructures et de choix d’aménagement qui ouvrent certaines possibilités mais en ferment d’autres. Parallèlement, plusieurs ressources deviennent plus rares ou plus disputées : le foncier, l’eau, l’électricité, les infrastructures et parfois la main-d’œuvre.

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© Marianne