Mathieu Roger-Lacan : "Le classement Pisa n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste"
Les résultats de l’enquête Pisa 2025 publiés ce mardi 8 septembre devraient provoquer un électrochoc. En trois ans à peine, le score des élèves français de 15 ans est passé de 474 à 456 points en compréhension de l’écrit et de 474 à 458 en mathématiques. En sciences, la baisse est moins nette. Dans les trois domaines, cependant, les résultats français comptent désormais parmi les plus faibles jamais enregistrés par Pisa en France. Et il ne suffit plus, pour se rassurer, de regarder la moyenne de l’OCDE : elle non plus n’a jamais été aussi basse.
La lecture est sans doute le signal le plus inquiétant. Depuis 2015, le score moyen a chuté de 28 points dans les pays de l’OCDE. En France, un élève de 15 ans sur trois n’atteint désormais pas le niveau 2, celui auquel un lecteur ou une lectrice est notamment capable d’identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne et d’y retrouver une information répondant à des critères explicites. La proportion d’élèves français en difficulté a augmenté de 11 points en dix ans. L’OCDE relève même la progression d’un phénomène qu’elle appelle la « lecture hâtive » : lire vite, mais mal, en produisant des réponses inexactes.
L'écriture et pas seulement la lecture
Ces résultats sont graves. Mais ils devraient nous inquiéter pour une autre raison encore : Pisa ne mesure qu’une partie du problème. Car savoir lire et savoir écrire représente évidemment deux compétences distinctes, quoique étroitement liées. La méthodologie Pisa ne mesure que l’une d’elles. Son test de compréhension de l’écrit est conçu pour déterminer si l’élève comprend, interprète et évalue les textes qui lui sont soumis. Il n’a jamais prétendu mesurer sa........
