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Frédéric Masquelier : "Le vrai problème avec l'automatisation, c'est qu'elle centralise mécaniquement"

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10.07.2026

On a longtemps cru que la bureaucratie était l'apanage des régimes totalitaires, communistes en tête. Pourtant, le néolibéralisme nous prouve chaque jour que ce n'est pas le cas, loin de là. Le sociologue allemand Max Weber nous avait d'ailleurs avertis dès le début du XXe siècle : la bureaucratie est avant tout le produit de la société moderne. C'est peu ou prou ce que rappelle l'ouvrage de Frédéric Masquelier, avocat et maire LR de Saint-Raphaël, Anatomie de la bureaucratie (Cerf), qui s'inquiète de ce pouvoir autonome, qui risque de croître avec l'intelligence artificielle.

Marianne : Vous soutenez que la bureaucratie n'est plus un instrument du pouvoir politique, mais un pouvoir autonome, diffus, sans visage. Les politiques n'en sont-ils pas les premiers complices ?

Frédéric Masquelier : La dépossession n'a rien d'un complot : c'est un glissement confortable. La bureaucratie puise sa force dans l'application anonyme de règles impersonnelles. L'automatisation pousse ce trait à l'extrême : la décision cesse d'être un choix contestable pour devenir une variable d'optimisation. Moins elle est débattue, plus elle est « efficace » ; plus elle passe pour performante.

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Et oui, les politiques y sont pour beaucoup, non par malveillance, mais par soulagement. J'ai forgé le mot « bureaucrature » pour nommer cette dérive : un pouvoir désincarné, sans risque, sans responsable. L'élu s'y réfugie volontiers. La formule est devenue rituelle : « Ce n'est pas moi, ce sont les chiffres. » Autrefois, décider engageait un nom, une carrière. Aujourd'hui, on valide au lieu d'assumer. Ce n'est pas une bureaucratie imposée contre les élus : c'est un pacte cynique où ils échangent leur responsabilité contre une sécurité symbolique.

La numérisation, présentée........

© Marianne