"Il paraît audacieux de penser que Nice pourrait être un laboratoire de l’union des droites"
Marianne : Ces élections ont montré que l’union des droites n’est pas pour demain…
Jean-Daniel Lévy : L’union des droites ne s’est pas produite dans le cadre de ces élections dans le sens où il n’y a eu que peu d’alliances officielles entre formations politiques de droite et d’extrême droite. Pour autant, si les formations politiques ne se sont pas alliées, une fluidité des électorats LR et RN s’est opérée. À Marseille, la liste conduite par Martine Vassal recueille 12,4 % des suffrages au premier tour, celle par Franck Allisio 35 %. Au second tour, la liste LR (à Marseille !) dépasse à peine les 5 %, celle RN dépasse les 40 %.
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La traduction en termes de voix est éloquente : près de 20 000 voix de moins pour la première, plus de 22 000 pour le second (alors que la participation a progressé). L’inverse est vrai. À Brest, la liste RN passe de 11,1 % des exprimés à 4,3 % alors que la liste DVD passait de 30,2 % à 57,3 %. Ces deux exemples sont illustratifs des fluidités même si elles s’opèrent plus fréquemment de la droite vers l’extrême droite que dans le sens inverse.
Pourtant les électorats convergent de plus en plus…
Absolument. Si l’on prend l’évolution des résultats aux élections législatives, celle-ci est probante. D’un point de vue d’opinion, lorsque nous interrogeons les Français, sympathisants LR et RN expriment des proximités : inquiétudes à l’égard de l’avenir, doute sur la place de la France dans le monde, préoccupations en matière de sécurité, de niveau de natalité de notre pays, concernant notre système éducatif… 65 % des sympathisants RN parlent de l’autorité (48 % des LR), de la laïcité (respectivement 64 % et 53 %) ou encore de la souveraineté (61 % et 57 %).
De même, 64 % des proches des Républicains et 60 % de ceux du RN........
