Primaire de gauche : "Désigner celle ou celui capable d'élargir l’horizon de la gauche sans nier ses fractures"
La primaire qui réunit le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste ne désignera pas seulement un candidat. Elle dira, tout simplement, si la social-démocratie française est encore à même de se penser comme une force de rassemblement. Hélas, tout laisse à croire qu’elle s’est résignée à administrer sa propre minorité.
Le débat entre Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal est souvent présenté comme une compétition de personnes, de tempéraments, de lignes tactiques… Mais en dépit des apparences, il pose une question plus grave : à quels groupes sociaux cette famille politique s’adresse-t-elle encore, et avec quelle promesse(s), une fois au pouvoir ?
Notre étude sur les potentiels électoraux en 2027 invite à envisager cette primaire autrement. Elle ne mesure pas une intention de vote instantanée comme le fait un sondage. Elle observe, au contraire, les comportements de 49 millions d’électeurs entre 2022 et 2026, les effets de l’abstention et de la remobilisation, ainsi que les capacités d’implantation territoriale. Elle conduit à un constat simple : le centre gauche dispose encore d’élus, de municipalités, de réseaux, de compétences. Mais aussi d’une culture gouvernementale. Il ne dispose plus en revanche, à lui seul, d’une alliance sociale majoritaire.
À lire aussi : Chez........
