Classement Pisa : "La véritable cause du naufrage français est d’ordre idéologique"
La publication du classement Pisa est venue percuter les annonces quotidiennes des progrès époustouflants des différentes IA. Entre des élèves rendus inaptes aux mathématiques comme à la maîtrise de la langue et des machines surperformantes, on se doute que c’est l’avenir du pays qui est gravement compromis. C’est aussi, bien sûr, celui de la démocratie qui ne peut fonctionner quand 33% des futurs citoyens, à 15 ans, sont dans l’incapacité d’atteindre le niveau de base dans la compréhension d’un texte simple.
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Il ne faut pas voir dans la concomitance de la percée de l’IA et de la baisse du niveau scolaire un lien de causalité, du moins de causalité unique. La baisse inédite, dans l’OCDE, des performances moyennes en mathématiques et en lecture est certes à mettre en regard de l’utilisation massive des outils numériques et de ses conséquences, la baisse de concentration, l’addiction aux images et à la rapidité de leur défilement sur les écrans. Mais des pays asiatiques – notamment la Chine – dans lesquels l’utilisation du numérique n’est pas inférieure à la nôtre obtiennent des résultats incomparablement meilleurs. Cette cause exogène au système (encore que l’obsession de certaines collectivités à introduire par exemple des tablettes dans les classes a pu jouer un rôle) a été mise en avant par le ministre de l’Éducation nationale qui a aussi évoqué le moindre investissement des parents dans le suivi de l’apprentissage de leurs enfants. Il n’avait bien sûr pas tort, mais son discours donnait quand même l’impression d’un défaussement de l’administration qu’il dirige : une ambiance de cour de récréation « c’est pas moi, m’dame, c’est les autres ».
« La réussite pour tous »
Or il y a quand même un problème spécifique à la France dans la baisse des performances de ses élèves, d’une part à cause de l’ampleur de celle-ci et d’autre part au vu de la place qu’a tenue l’École dans l’histoire de la République, de l’importance de la filière mathématique (deuxième pays au monde pour le nombre de Médailles Fields) ou du rayonnement de sa littérature. On a pu envisager que les choix économiques........
