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Francis Daspe : "La radicalité des idées n’a rien à voir avec l’hystérisation présente du débat"

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20.08.2026

Le débat politique français se durcit, plus encore avec l’approche de la prochaine élection présidentielle. C’était plutôt prévisible, et même attendu. Il en résulte une polarisation accentuée. Le principal aspect de cette polarisation s’incarne dans un profond antagonisme entre, d’un côté, le bloc central et l’extrême droite, et de l’autre, une gauche de rupture incarnée par La France insoumise. Elle structure désormais une part croissante du débat public.

Le phénomène ne concerne pas seulement les réseaux sociaux ou quelques polémistes surexcités. Le plus alarmant est qu’il se propage aux institutions pour aller jusqu'à en déformer le langage ordinaire du pouvoir. Le théâtre permanent de l’outrance transforme chaque désaccord en procès moral : chaque adversaire est dépeint et repeint en ennemi intérieur. La simple polarisation se drape alors des atours d’une véritable hystérisation de la vie politique. Il convient de prendre au sérieux ce qui est en train de se produire dans notre pays afin de poser le bon diagnostic en vue d’en prendre la juste mesure.

Trahisons démocratiques

La polarisation n’est pas forcément négative. La démocratie repose en effet sur le conflit. Le dépassement du conflit ne signifie pas absence de conflit, mais sa transposition en délibération, en vote, en confrontation argumentée. En dispute démocratique, au sens noble du terme. Mais tout cela n’a rien à voir avec l’hystérisation à laquelle on assiste. Par quoi se caractérise ce phénomène d’hystérisation ? De quelle manière s’effectue le glissement de la polarisation (une démocratie sans conflit devient une démocratie morte) vers l’hystérisation (une démocratie où tout conflit est transformé en guerre morale permanente est gravement malade) ? Il nous faut regarder attentivement la mécanique à l’œuvre. Plusieurs caractéristiques peuvent être relevées dès à présent, la liste n’étant pas exhaustive.

À lire aussi : L'hystérie polémique

C’est d’abord la négation de l’alternative, qui se traduit par la prééminence de l’argument d’autorité constamment allégué. Est ressassée la tyrannie de la seule politique possible, jadis popularisée par le TINA thatchérien. À défaut, triomphe l’alternance sans alternative possible. Ces........

© Marianne