Yasmina Asrarguis : "Pour les pays arabes, l'accès aux États-Unis passe par Israël"
Marianne : Pourquoi parlez-vous de « mirage » de la paix ?
Yasmina Asrarguis : D’un côté, vous avez des idéologues radicaux capables de déstabiliser le « camp de la paix » au profit d’une lecture eschatologique et religieuse de la géopolitique du Moyen-Orient. Les djihadistes, les sionistes religieux, ou les évangéliques américains voient le conflit comme un affrontement apocalyptique entre les forces du bien et celles du mal. Impossible pour eux de dialoguer, c’est idéologie contre idéologie. D’un autre côté, vous avez de nouveaux acteurs hyperrationalistes, pragmatiques, autour de Donald Trump, qui voient dans ce « nouveau Moyen-Orient » une opportunité économique, un marché à se répartir. Ils expliquent aux diplomates chevronnés qu’ils n’ont rien compris et promettent, à la place de la paix, la prospérité ! Un mot très fort sur le plan religieux puisque, dans le judaïsme, devenir riche est un moyen de s’élever soi-même et d’élever les autres ; en Islam, la baraka, l’augmentation du gain matériel, est un moyen d’atteindre la richesse spirituelle et la paix intérieure, et chez les évangéliques, devenir riche est la promesse d’obtenir le Graal dans l’au-delà.
