"Les mégafeux de l’été 2026 constituent déjà un laboratoire des récits présidentiels de 2027"
Les crises ne laissent jamais longtemps le réel parler seul. À peine les premières flammes apparaissent-elles qu’une autre bataille commence : celle du récit.
L’été 2026 en offre une démonstration spectaculaire. Le mois dernier a été le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures, avec une température moyenne de 24,9 °C et un déficit de précipitations proche de 70 %. Au 27 juillet, près de 116 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes depuis le début de l’année. En Gironde, un incendie a ravagé environ 42 000 hectares et provoqué l’évacuation de plus de 200 000 personnes. Le constat est commun. Les récits, eux, ne le sont pas.
Macron : le récit de l’État protecteur
Dans une crise, la première bataille est souvent celle de la maîtrise. La communication gouvernementale s’attache donc à montrer que l’État agit : cellule interministérielle de crise, renforts, Canadair, moyens terrestres, évacuations, coordination des secours.
Emmanuel Macron s’inscrit dans ce récit. Lors de son déplacement à Fontainebleau, il salue « le plein engagement de l’État » et parle d’une saison « exceptionnellement intense ». Quelques jours plus tard, il affirme : « C’est notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu’un feu se déclenche. » Le vocabulaire est révélateur : mobilisation, combat, engagement, territoire, unité. Le feu devient un adversaire. Les pompiers et les services de secours deviennent les héros. Le président occupe la position du chef qui coordonne et rassemble. Le récit est simple : la France est confrontée à une épreuve, mais l’État tient.
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Ce récit a toutefois rencontré une limite lorsque la colère des sinistrés........
