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"Si Napoléon a Paris avec lui, elle a toute l’Europe avec elle" : Germaine de Staël, portrait d'une féministe libérale avant l'heure

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11.07.2026

Germaine de Staël est une « fille de », et pas des moindres. Fille unique de Jacques Necker, influent ministre des Finances de Louis XVI, et de Suzanne Curchod, qui tient l’un des salons littéraires les plus réputés de Paris, elle grandit au cœur du pouvoir et de la culture encyclopédique des Lumières. Protestante et d’origine suisse, bien que née à Paris, elle restera perçue comme une étrangère. Si son mariage avec l’ambassadeur de Suède lui ouvre les portes de la Cour, « il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour [y] réussir, il faut appartenir à son cercle ou vouloir à toute force lui ressembler », souligne l’historienne Stéphanie Genand, dans sa biographie Germaine de Staël. Le prix de la liberté. Or, se conformer n’est pas dans la nature de cette héritière rebelle, qui s’affranchit de son milieu, bouscule les conventions et brave les interdits pour prendre part aux grands débats de son temps.

Son principe fondateur : la défense de la liberté individuelle. Une conquête fragile qui exige vigilance et courage. Refusant toute forme de despotisme, Germaine de Staël s’engage d’abord aux côtés des partisans de la Révolution. Admiratrice de Rousseau, elle soutient les........

© Marianne