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Ève Szeftel : "Le pétrole flambe, certes, mais n’oublions pas les footballeuses iraniennes"

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25.03.2026

Quelles images tristes – sinistres, même. Sur une tribune, entourées d’officiels, une rangée de jeunes femmes en hijab ; seul émerge l’ovale de leurs visages fermés ou crispés. Face à elles, des milliers de femmes en noir les acclament, scandant mécaniquement des slogans patriotiques. Le président du Parlement iranien exalte ces « enfants de la patrie » qui ont « déçu les ennemis » de la République islamique en résistant « à la tromperie et aux intimidations ». « Nous sommes très heureuses d’être en Iran, dit l’une d’elles. Peu importe les épreuves qu’on a traversées, ça ne valait pas la peine de rester là-bas. » Aveu extorqué qui rappelle les pires heures de l’histoire. « Là-bas », c’était l’Australie : la promesse d’une vie libre – sortir la tête nue sans risquer 70 coups de fouet, voyager, aller voir des films non censurés, éviter les mariages forcés dès l’âge de 9 ans, prendre la pilule, manifester sans risquer de se faire tirer dessus. Mais les menaces sur leurs familles et le lâche silence de la communauté internationale ont eu raison de leur courage. Jeudi 19 mars, les Lionnes ont retiré leur demande d’asile et sont rentrées en Iran.


© Marianne