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Il est contreproductif de dénigrer ses concurrents

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13.02.2026

EXPERT INVITÉ. J’adore la compétition et je crois qu’une saine concurrence rend tous les intervenants meilleurs.

J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet dans mon livre Avantage Bourse, dont voici un passage qui touche à la compétition :

« Le mot compétition vient des termes latins « cum » et « petere » qui signifient « viser ensemble ».

J’aime gagner et je déteste perdre. Mais quand on se penche sur les racines du terme compétition, on se rend compte que, bien plus que gagner, la compétition nous pousse à nous améliorer. Rien ne permet de repousser nos limites autant qu’une situation compétitive, que ce soit dans le sport, en affaires ou en investissement. Dans un tel contexte, les autres, nos « adversaires », nous poussent à rehausser notre niveau, à apprendre et à nous accomplir pleinement. Un véritable compétiteur voit son adversaire comme un partenaire qui le pousse à s’améliorer.

À l’issue d’un match de tennis, il y a invariablement un gagnant et un perdant. Mais lorsque deux compétiteurs se sont poussés mutuellement à livrer le meilleur d’eux-mêmes, les deux joueurs qui quittent le court sont de véritables gagnants. »

C’est pourquoi je déteste lorsque des concurrents dénigrent un compétiteur. Cela s’applique autant aux entreprises dans lesquelles nous investissons qu’aux concurrents avec lesquels COTE 100 évolue, ainsi qu’au sport et en politique. À mon avis, si l’on parle d’un concurrent, il vaut mieux en dire du bien ; si l’on n’a rien de très positif à dire, autant ne rien dire.

C’est une question de respect. Un vrai compétiteur respecte ses adversaires et cherche à les surpasser de manière propre et éthique, et non en les rabaissant ou en trichant. Lorsqu’un client potentiel nous demande de nous comparer aux autres, nous préférons parler de notre méthode plutôt que de critiquer la leur. Se différencier par ses forces est toujours plus puissant que de tenter de gagner en rabaissant les autres.

Je me souviens très bien que Warren Buffett a dit cela à plusieurs reprises lors des assemblées des actionnaires de Berkshire Hathaway (BRK.B, 501,31$US) : « Félicitez en nommant les personnes, critiquez de façon générale. » (« Praise by name, criticize by category. »).

De fait, je crois que tous les concurrents d’une industrie ont intérêt à se respecter tout en se livrant une saine concurrence. À long terme, c’est au bénéfice de tous : des clients et des consommateurs qui obtiennent un meilleur service à un meilleur prix, de l’industrie dans son ensemble qui y gagnera en réputation et en efficacité. C’est ce qu’on appelle une situation « gagnant-gagnant-gagnant ».

C’est peut-être contre-intuitif et contre la nature humaine de parler en bien de ses concurrents. Il y a toujours une bonne dose de jalousie et d’envie qui teintent les relations entre adversaires.

Il existe cependant une manière différente et respectueuse de parler de ses concurrents.

Je prends en exemple les ex-joueurs de tennis professionnels Rafael Nadal et Roger Federer. Bien qu’ils aient été de grands rivaux au cours de leur longue carrière, ils ont toujours parlé en bien l’un de l’autre. Je crois qu’ils auraient été les premiers à dire que leur grande rivalité les a rendus meilleurs.

Chaque concurrent possède ses forces et ses faiblesses. À mon avis, on peut apprendre de chacun et tenter de s’en servir de modèle pour s’améliorer. Dénigrer ses concurrents est un manque de respect et contreproductif.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100


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