Les États-Unis redessinent le monde au sein d’une nouvelle guerre froide
EXPERT INVITÉ. Plus on porte attention aux événements géopolitiques des dernières années, plus il me semble qu’une nouvelle structure internationale émerge. Une structure qui rappelle la Guerre froide: un monde divisé en deux blocs, chacun mené par une grande puissance.
Durant la guerre froide (1947-1991), il était impossible de comprendre les événements mondiaux sans comprendre la nature bipolaire du monde et sans se demander quels étaient les intérêts américains et soviétiques
Aujourd’hui, la logique est similaire.
On ne peut comprendre les événements comme l’offensive américano-israélienne contre l’Iran sans se demander: quels sont les intérêts américains et chinois dans la région? Et comment l’équilibre des puissances en est affecté?
La nouvelle guerre froide
La reconfiguration du monde en deux blocs au sein d’une nouvelle guerre froide n’est pas un phénomène purement trumpien. Elle est déjà en cours depuis plusieurs années, avant même l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche – nous ne l’avions simplement pas nommé comme tel.
Penser que la montée économique chinoise n’avait comme objectif que d’augmenter le niveau de vie des Chinois est de mal comprendre le désir de cette puissance historique de retrouver la place qu’elle croie lui revenir, c’est-à-dire au sommet de la hiérarchie des nations.
Les frictions commerciales et géopolitiques étaient inévitables.
Pendant que les États-Unis et l’Occident se désindustrialisaient, leurs chaînes d’approvisionnement passaient progressivement sous contrôle chinois.
Une telle situation commerciale devient inéluctablement une vulnérabilité stratégique. Une menace existentielle qui met non seulement en doute l’hégémonie américaine, mais aussi sa capacité à projeter sa puissance.
À partir de là, tout change. La politique reprend ses droits sur l’économie, sur la classe marchande même.
Dans un tel contexte géopolitique, un pays ne représente plus simplement son «PIB». Comme le dit le stratège global chez Rabobank Michael Every, on doit aussi se poser la question........
