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La diversification n’est pas la solution

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25.09.2026

EXPERT INVITÉ. Dans le contexte des tensions tarifaires avec les États-Unis, le mot sur toutes les lèvres est celui de la «diversification».

Après tout, le premier ministre canadien Mark Carney parle d’une forme de coalition des puissances moyennes et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dit vouloir de faire du Canada un «membre associé» de l’Union européenne. La diversification des exportations canadiennes semble être sur la bonne voie.

On doit saluer ces initiatives stratégiques importantes dans un monde qui entre dans une période d’instabilité économique et géopolitique.

Cela dit, les contre-tarifs ne peuvent faire fléchir les Américains, alors que l’exportation outre-mer vers l’Europe et l’Asie représente des risques géopolitiques et une volatilité des prix de transports maritimes qui ne peuvent que réduire significativement les marges de rentabilités des exportations canadiennes.

Contre-tarifs: une guerre d’usure perdue d’avance

Répliquer aux tarifs américains par nos propres tarifs mènera inéluctablement à « des contre contre tarifs » et donc à une spirale ascendante de droits de douane et de mesures protectionnistes.

La seule question qui compte est donc: qui peut tenir le plus longtemps?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Environ trois quarts des exportations canadiennes de biens prenaient la direction des États-Unis avant le début des tensions tarifaires. À l’inverse, le Canada ne reçoit qu’environ un cinquième des exportations américaines.

Dans une guerre d’usure, l’économie la plus dépendante fléchit la première ou endure un appauvrissement à long terme.

La diversification: pas une nouvelle idée

Si notre dépendance envers le marché américain est une faiblesse stratégique, diversifier nos exportations outre-mer semble tomber sous le sens.

L’idée n’a pourtant rien de nouveau. Elle refait surface périodiquement au Canada et au Québec depuis des décennies, bien avant l’escalade tarifaire. Et elle est parfaitement logique sur le plan commercial comme sur celui de l’investissement.

Alors pourquoi ne s’est-elle jamais concrétisée?

Parce que faire des affaires aux États-Unis rapportait davantage. Des coûts de transport faibles, une proximité géographique, culturelle et linguistique sans pareil, une intégration économique significative et un marché de consommation d’une taille colossale.

Tout cela assurait aux entreprises canadiennes et québécoises des marges bénéficiaires plus alléchantes que de vendre les mêmes produits et services en Europe ou en Asie, la plupart du temps.

Ces deux continents offrent certes des débouchés intéressants, surtout pour les biens et services qu’on ne peut pas vendre aux Américains pour différentes raisons autres que les tarifs actuels.

Cependant, les marges y sont plus minces pour les entreprises, ne serait-ce qu’en raison du transport et des frictions propres à des environnements........

© Les Affaires