La défense: le nouveau chantier industriel des entreprises canadiennes
Un texte de Simon Bernard, major-général (ret.) et président Xpertise Défense
LES IDÉES DES AFFAIRES. Pendant longtemps, la défense a été perçue comme un secteur marginal pour la majorité des entreprises canadiennes. Un univers réservé à quelques grands groupes, dominé par des appels d’offres complexes et une forte dépendance à des fournisseurs étrangers. Cette perception est en train de changer.
Avec le lancement, en février dernier, de sa première Stratégie industrielle de défense, le Canada amorce un virage structurant. Ottawa annonce 180 milliards de dollars (G$) en acquisitions de défense d’ici 2035, auxquels s’ajoutent 290G$ en investissements d’infrastructures, avec une orientation claire: renforcer la capacité industrielle nationale et produire davantage au pays, à partir de talents et de technologies canadiennes.
Un enjeu de souveraineté et de résilience économique
Les crises récentes — pandémie, guerre en Ukraine, tensions géopolitiques indo-pacifiques et militarisation de l’Arctique — ont mis en lumière une vulnérabilité commune, celle de la fragilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance à des décisions prises à l’étranger pour des capacités stratégiques.
Dans un contexte où les munitions, les systèmes autonomes, les capteurs, les technologies spatiales ou numériques sont devenues des actifs critiques, la souveraineté industrielle n’est plus un concept abstrait. Elle conditionne la capacité d’un pays à décider, à réagir et à tenir ses engagements internationaux. Pour le Canada, il s’agit désormais........
