L’ESG est mort, vive l’IA?
Un texte de Julien O. Beaulieu, doctorant, Imperial College London, collaborateur de l’Institut Michael D. Penner sur les enjeux ESG, et de Marcelin Joanis, directeur de l’Institut Michael D. Penner sur les enjeux ESG et professeur de sciences économiques à l’Université de Montréal.
LES IDÉES DES AFFAIRES. Dans la foulée du lancement par le gouvernement fédéral de la stratégie nationale en intelligence artificielle (IA), l’IA est sur toutes les lèvres. Comment intégrer les plus récents modèles pour automatiser des processus d’affaires? Comment investir dans la construction de centres de données? Comment inventer de nouveaux produits qui s’appuient sur l’IA? Comment créer 250 000 emplois liés à l’IA d’ici cinq ans, comme s’y engage désormais Ottawa?
À l’inverse, force est de constater que l’ESG — Environnement, Social et Gouvernance — est moins à la mode qu’il y a quelques années. Depuis 2024, l’administration fédérale américaine dérégule, abandonne et sanctionne des programmes sociaux et environnementaux, mettant à mal l’intégration des facteurs ESG par les entreprises. Au Canada, bien qu’une taxonomie de l’investissement durable soit en préparation, la mode est davantage aux exemptions et assouplissements qu’à l’ajout de nouvelles normes.
En réponse, de nombreuses entreprises ont réduit leurs communications ESG, et certaines ont revu leurs ambitions à la baisse. Le message ambiant est clair: oubliez l’environnement, l’investissement responsable, les initiatives d’équité, de diversité et d’inclusion. L’ESG est mort, vive l’IA? Pourtant, comme nous l’expliquons dans le récent énoncé de position de l’institut Penner, ce discours fait fausse route. L’IA ne sonne pas........
